596 - Journal extime avec vue (sur l'Arno) (Florence, automne 2014) (9)

Publié le par 1rΩm1

Paris, 29 octobre

Je visite pour la première fois le musée des arts décoratifs.

596 - Journal extime avec vue (sur l'Arno) (Florence, automne 2014) (9)
596 - Journal extime avec vue (sur l'Arno) (Florence, automne 2014) (9)

Comme j’ai rendez-vous avec Judith à 16 heures à l’Orangerie pour voir l’exposition sur Emile Bernard, j’écourte un peu ma visite… — J’ai raté, et j’en serai désolé, la photographie du lit d’une “lionne” du Second Empire, Emilie Valtesse de la Bigne, lit qui aurait servi de référence à celui de la Nana d’Emile Zola… Il faudra de toute façon que j’y retourne (« y » renvoyant au musée…) un de ces jours !

 

© Internet

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Emile Bernard méritait-il, en revanche, la réhabilitation que lui propose l’Orangerie, et était-il ou n’était-il qu’un peintre sous influence ? Les premiers tableaux, de la période nabi, le sont — à mon sens… — de façon plus inspirée que le reste de sa carrière… Les salles qui suivent montrent une veine exotique qui cède au pittoresque de façon presque grotesque. Et les nus académiques de la fin — autant que les professions de foi qui les accompagnent — laissent pour le moins songeur…

Judith partage mon sentiment, qui propose de revoir les toiles de la première salle.

 

Nous allons à pied en direction du XVe et prenons un verre en chemin.

 

Judith, comme B. la veille, me relate ses difficultés avec sa propre copropriété. Nous parlons aussi du peu d’appétence qu’éprouve Lucien à lire Andromaque, qu’il étudie en classe de seconde.

Nous poursuivons à pied. Elle me montre l’hôtel  particulier où se déroule le bal du comte d’Orgel dans le récit de Radiguet.

 

Je me rends ensuite dans son ancien quartier, puisque j’ai rendez-vous avec Aymeric dans l’un des cafés de la place du Général Beuret.

Je l’y trouve déjà attablé.

Nous parlons de Florence — et de la Bretagne. Il m’évoque un cimetière dans la baie du Mont Saint-Michel.

 

Il fait bien doux à la terrasse de ce café. Cela me rappelle mes précédents automnes parisiens, 2009 en particulier — et 2005, avec R.

Aymeric transporte avec lui sa sacoche de bicyclette alors que nous nous rendons au restaurant.

 

Comme souvent, nous parlons de nos lectures, présentes et passées. Il dit avoir du mal avec Poe. Et il n’a pas du tout aimé le journal d’Annie Ernaux où celle-ci raconte sa relation passionnelle avec un diplomate russe [dont le titre, Se perdre, ne me revient pas alors que — le lendemain, sans doute — je retranscris, par quelques notes, notre soirée].

Il me dit que, lorsqu’il consulte mes articles sur sa tablette, toutes sortes de publicités sur Overblog s’intercalent — en fonction du contenu même de ce que j’ai pu écrire.

 

Je dois constater qu’il a bien en mémoire les noms de lieux à Florence, que, à quelques jours d’intervalle, j’ai oubliés déjà. Le constat est cruel de mes incapacités de plus en plus grandes à mémoriser les événements, les actes les plus récents de mon quotidien…

Au détour de nos bâtons rompus, j’apprends qu’il est allé au Japon, ce que, je crois, il ne m’avait jamais dit.

Et, je ne sais pourquoi, peut-être parce que je m’y retrouve (sans en savoir la raison), j’emporte de lui cette phrase : « Je suis un Breton de la terre, pas de la mer. »

 

Nous mangeons bien. Le sancerre blanc que nous avons commandé tient lui aussi ses promesses.

Après le repas, je me sens envahi d’un peu de torpeur.

 

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