724 - Passacaille estropiée (10)

Publié le par 1rΩm1

 

Passacaille estropiée

 

Paris, Berlin, Copenhague

 

(journal extime, 24 juillet -13 août 2016)

 

X

 

2 août

Matin

Je visite le Musée des Arts décoratifs (Kunstgewerbemuseum). Je suis sensible à beaucoup de belles choses, mais rate un certain nombre de prises photographiques.

Parmi les regrettées, celle d’une vitrine de Bernhard Pankok, toute frêle sur ses pattes grêles, que je n’ai pu trouver sur Internet.

 

Wilhelm Lucas von Cranach, Tête de Méduse, Berlin, 1902, Execution : Goldsmiths Friedländer and Graveur Max Haseroth. (Gold, Opal, Nephrit, Jaspis, Emerald, Pearl ; Or, Opale, [ Jade ?], Jaspe, Émeraude, Perle).

Wilhelm Lucas von Cranach, Tête de Méduse, Berlin, 1902, Execution : Goldsmiths Friedländer and Graveur Max Haseroth. (Gold, Opal, Nephrit, Jaspis, Emerald, Pearl ; Or, Opale, [ Jade ?], Jaspe, Émeraude, Perle).

Pendentif [?] “Anémone” ; Collier de chien “Sorbier”, René Lalique (Paris, 1900-1902), or, émail, saphir

Pendentif [?] “Anémone” ; Collier de chien “Sorbier”, René Lalique (Paris, 1900-1902), or, émail, saphir

Masque de femme au paon, René Lalique, Paris 1898-1900 (argent, émail, albâtre)

Masque de femme au paon, René Lalique, Paris 1898-1900 (argent, émail, albâtre)

Vase aux pissenlits, Legras & Cie, Verreries de Saint-Louis, vers 1910

Vase aux pissenlits, Legras & Cie, Verreries de Saint-Louis, vers 1910

Grosser Netzglas-Teller XVIIe siècle

Grosser Netzglas-Teller XVIIe siècle

Vierge à l'enfant dans sa gloire, Strasbourg, vers 1500

Vierge à l'enfant dans sa gloire, Strasbourg, vers 1500

Vitrail les trois Parques

Vitrail les trois Parques

Petite [sic] tête de Jean-Baptiste sur un plat, albâtre peint, XVIe siècle

Petite [sic] tête de Jean-Baptiste sur un plat, albâtre peint, XVIe siècle

 

Sous le pont, en face du jardin zoologique, un alignement de sans-abri, avec armes et bagages, tout un fourniment emporté avec eux par ces réfugiés, pour la plupart des hommes seuls, du moins à ce que j’en ai pu voir.

 

Après-midi

Je retourne à la Gemäldegalerie, dont on nous avait chassés trop tôt avant la fermeture, Khadija et moi, deux ans auparavant.

L’accumulation de chefs d’œuvre décourage les commentaires.

 

Fra Filippo Lippi, la Vierge [ou Adoration de la Vierge] dans la forêt, vers 1460 (Huile sur bois, 127 x 116 cm) © Internet

Fra Filippo Lippi, la Vierge [ou Adoration de la Vierge] dans la forêt, vers 1460 (Huile sur bois, 127 x 116 cm) © Internet

Cranach l’ancien, Lucrèce, 1533 © Internet

Cranach l’ancien, Lucrèce, 1533 © Internet

Bronzino, Portrait d'un jeune homme (v. 1560) ; Holbein, Portrait du marchand Georg Gisze (1532) ; Rembrandt, Autoportrait à la casquette et au manteau de fourrure (1634) ; Le Gréco, Saint-Martin donnant son manteau au pauvre © Internet
Bronzino, Portrait d'un jeune homme (v. 1560) ; Holbein, Portrait du marchand Georg Gisze (1532) ; Rembrandt, Autoportrait à la casquette et au manteau de fourrure (1634) ; Le Gréco, Saint-Martin donnant son manteau au pauvre © Internet
Bronzino, Portrait d'un jeune homme (v. 1560) ; Holbein, Portrait du marchand Georg Gisze (1532) ; Rembrandt, Autoportrait à la casquette et au manteau de fourrure (1634) ; Le Gréco, Saint-Martin donnant son manteau au pauvre © Internet
Bronzino, Portrait d'un jeune homme (v. 1560) ; Holbein, Portrait du marchand Georg Gisze (1532) ; Rembrandt, Autoportrait à la casquette et au manteau de fourrure (1634) ; Le Gréco, Saint-Martin donnant son manteau au pauvre © Internet

Bronzino, Portrait d'un jeune homme (v. 1560) ; Holbein, Portrait du marchand Georg Gisze (1532) ; Rembrandt, Autoportrait à la casquette et au manteau de fourrure (1634) ; Le Gréco, Saint-Martin donnant son manteau au pauvre © Internet

Agnolo Bronzino, Ugolino Martelli  (1536/ 37)  ;  Lorenzo Lotto, Portrait de jeune homme (circa 1526) © Internet
Agnolo Bronzino, Ugolino Martelli  (1536/ 37)  ;  Lorenzo Lotto, Portrait de jeune homme (circa 1526) © Internet

Agnolo Bronzino, Ugolino Martelli (1536/ 37) ; Lorenzo Lotto, Portrait de jeune homme (circa 1526) © Internet

Caravage, l'Amour victorieux © Internet

Caravage, l'Amour victorieux © Internet

Les photographies que je fais sur place sont plus mauvaises encore que celles du matin, tandis que mes recherches sur la toile accusent — comme d’ordinaire — le divorce entre le souvenir des toiles, la mémoire supplétive qu’est l’appareil photo et… les reproductions que j’en trouve !

Sandro Botticelli, Vierge à l'enfant avec un concert d'anges (v. 1477)
Sandro Botticelli, Vierge à l'enfant avec un concert d'anges (v. 1477)

Sandro Botticelli, Vierge à l'enfant avec un concert d'anges (v. 1477)

Raphaël, La Vierge à l'enfant avec saint Jean-Baptiste
Raphaël, La Vierge à l'enfant avec saint Jean-Baptiste

Raphaël, La Vierge à l'enfant avec saint Jean-Baptiste

Faute, parfois, de succès dans mes traques successives, je me résigne à la mauvaise qualité de mes clichés, aux traits intempestifs de lumière altérant la toile (il en va de même ci-après pour les dessins de Ribera).

 

Giovanni Bellini, la Déposition du Christ (v. 1495)

Giovanni Bellini, la Déposition du Christ (v. 1495)

 

Les lieux abritent en leur centre une exposition sur le siècle d’or espagnol (El siglo de oro) [c'est là que j'y ai vu le tableau du Gréco et quelques autres de ses variations].

724 - Passacaille estropiée (10)

A nouveau, ce sont les Jusepe de Ribera qui me plaisent avant tout (même si se trouvent là de très beaux Velasquez, mais non parmi les plus grands).

Juseppe de Ribera, Portrait d'un homme, Huile sur toile, 76,1 x 63,6 cm, v. 1613-1615 © Internet

Juseppe de Ribera, Portrait d'un homme, Huile sur toile, 76,1 x 63,6 cm, v. 1613-1615 © Internet

Ribera, La vierge, l'enfant et saint Bruno, Huile sur toile, 205 x 153,6 cm, 1624 © Internet

Ribera, La vierge, l'enfant et saint Bruno, Huile sur toile, 205 x 153,6 cm, 1624 © Internet

Je suis assez content, en revanche, de ma propre prise de ce détail du tableau

724 - Passacaille estropiée (10)

— cependant que cet autre détail de la Vision de Belshazzar (que je n'ai pas retrouvée en entier sur la toile) donne à voir une main magnifique, comme l'était déjà celle, au même index pointé, du saint Jérôme du Musée des Beaux-Arts de Budapest exposé au Luxembourg.

© Internet
© Internet

© Internet

Juseppe de Ribera, Portrait d'un jeune homme avec un bandeau (v. 1630-1640) © Internet

Juseppe de Ribera, Portrait d'un jeune homme avec un bandeau (v. 1630-1640) © Internet

Juseppe de Ribera, le Martyre de saint Barthélémy ; Saint Jérôme, 1624
Juseppe de Ribera, le Martyre de saint Barthélémy ; Saint Jérôme, 1624

Juseppe de Ribera, le Martyre de saint Barthélémy ; Saint Jérôme, 1624

Juseppe de Ribera, Silène buvant, 1628

Juseppe de Ribera, Silène buvant, 1628

Je m’abîme assez longtemps dans un tableau très amusant de Brueghel l’Ancien — et, de fait, foisonnant —, les Proverbes flamands, qui peignent en acte des proverbes et dictons pris tout bonnement à la lettre.

 

Brueghel l'Ancien, les Proverbes flamands, 1559 © Internet

Brueghel l'Ancien, les Proverbes flamands, 1559 © Internet

 

A la librairie, je demeure médusé par la photographie en noir et blanc accrochée en hauteur d’un magnifique saint Sébastien de 1636 [de Ribera ? — à quelques mois de distance, je n'en suis désormais pas certain], disparu durant la seconde guerre mondiale, en même temps que quelques autres toiles à jamais perdues.

 

Soir

Le quartier gay berlinois — du moins donné comme tel dans le guide que je consulte — paraît singulièrement assoupi. Mais, sous l’absence de dehors rutilants, il est possible, après tout, que des habitudes de discrétion perdurent, et que je ne sois pas capable de décrypter en fait, sous des dehors mornes, une animation tout autre si je pénétrais dans tel ou tel établissement.

(Les Allemands, pourtant, parlent et rient fort, c’est sous cet extérieur du moins qu’ils m’apparaissent en général.

Quoi qu’il en soit, ce n’est vraisemblablement  pas ce soir que j’approfondirai l’endroit car mon corps, je crois, a été vanné en tous sens… D’ailleurs, pour ne pas arranger ce corps souffrant, je me suis étalé de tout mon long en ratant une marche alors que je quittais la Gemäldegalerie.)

 

Dans ce restaurant où je choisis finalement d’entrer, comme souvent en Allemagne, on sert aussi le péquin qui ne veut que boire. J’y reste le temps, précisément, de prendre un verre — et d’inscrire quelques lignes sur mon carnet.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article