863 - En lombardes (versales ou tourneures) (X)

Publié le par 1rΩm1

 

En lombardes (versales ou tourneures)

 

Paris-Milan-Turin-Milan-Paris

 

(21 avril – 5 mai 2018)

 

 

X

 

29 avril

Matin

Turin, ce dimanche est livré à des hordes de touristes. Devant le Palazzo Reale, à 10 heures 30, la file a pu progresser de 5 mètres tout au plus en un quart d’heure, tandis qu'elle a grossi derrière moi d'une cinquantaine de mètres. Je renonce — et me rends à la GAM, la Galleria civica d'arte moderna e contemporanea.

S'il n'y a pas d'attente aux caisses, une exposition — L'arte rivoluzionaria nel cinquantenario del'68 — consacrée à Renato Guttuso, artiste dont j'ignore tout, draine une foule compacte par endroits. Les tableaux exposés, s'ils ont pour dénominateur commun l'art engagé, semblent recouvrir différentes périodes et sources d'inspiration — et ne me plaisent pas tous uniment, certains paraissant répondre à quelque façon du moment.

 

Les deux étages de la collection permanente sont bien moins peuplés. Ils sont surtout consacrés à des artistes italiens des XIXe et XXe siècles qui ne me sont pas non plus connus, même si je discerne les mouvances et les époques (le parcours est chronologique, il est vrai), et je me retrouve à photographier assez bêtement ce qui me rappelle d’autres œuvres et artistes, obéissant au réflexe photographique — quoique pas toujours — quand les noms me sont fami ! Je raille ma cuistrerie — comme d’ordinaire en pareille circonstance...

 

Yves Klein, Ritratto in rilievo di Claude Pascal, 1962, Monocromo blu e pigmento su resina sintetica su bronzo, foglia d’oro su tavola
Yves Klein, Ritratto in rilievo di Claude Pascal, 1962, Monocromo blu e pigmento su resina sintetica su bronzo, foglia d’oro su tavola

Yves Klein, Ritratto in rilievo di Claude Pascal, 1962, Monocromo blu e pigmento su resina sintetica su bronzo, foglia d’oro su tavola

Antoni Tàpies, Painting n°XLV, 1957, Tecnica mista su tela

Antoni Tàpies, Painting n°XLV, 1957, Tecnica mista su tela

Gustave Courbet, La prison près du lac (La prison sur le lac), 1875 ca.

Gustave Courbet, La prison près du lac (La prison sur le lac), 1875 ca.

Italo Cremona, Autoritratto, 1927

Italo Cremona, Autoritratto, 1927

Max Ernst, Bozza di manifesto, 1920, Collage, china, tempera e acquarello su carta [clin d'œil à Paul)]

Max Ernst, Bozza di manifesto, 1920, Collage, china, tempera e acquarello su carta [clin d'œil à Paul)]

Otto Dix, (Der) Matrose Fritz Müller aus Pieschen, 1919, Tecnica mista, tempera e velatura a olio su carta intelata, con cornice originale dell’autore
Otto Dix, (Der) Matrose Fritz Müller aus Pieschen, 1919, Tecnica mista, tempera e velatura a olio su carta intelata, con cornice originale dell’autore

Otto Dix, (Der) Matrose Fritz Müller aus Pieschen, 1919, Tecnica mista, tempera e velatura a olio su carta intelata, con cornice originale dell’autore

Arturo Faldi, Luna di miele, 1891 ca., Olio su tela

Arturo Faldi, Luna di miele, 1891 ca., Olio su tela

Giulio Aristide Sartorio, la Sirena (Sirena) (Abisso verde), 1893 ca., Olio su tela applicata su tavola

Giulio Aristide Sartorio, la Sirena (Sirena) (Abisso verde), 1893 ca., Olio su tela applicata su tavola

Après-midi

Je déjeune tard.

Je suis refoulé un peu brutalement sans que j’aie d’explication claire au Palazzo Carignan. Peu aimable, mon interlocuteur, en outre, ne parle qu’italien. (L’homo turisticus que je suis — nolens volens — s’est essayé au globish, mais sans succès.) Je tente ma chance auprès d’un gardien à l’entrée, tout aussi inflexible que son collègue. Des Français, à qui je m’adresse en anglais, tentent de m’expliquer de quel passe-droit ils ont bénéficié, avant que nous comprenions les uns et l’autre que nous savons la langue de Molière pour être nés de l’autre côté des Alpes. Il fallait réserver préalablement et s’inscrire dans un groupe de vingt-cinq pour être admis dans ce saint des saints.

Décontenancé par cette nouvelle tentative infructueuse, j’entre bientôt en fureur en constatant que, renouvelant un même désagrément à Milan quelques jours auparavant, j’ai perdu mon billet de vingt-quatre heures pour les transports en commun.

Entre-temps, nouveau motif de dépit, la queue devant le musée égyptien — ai-je pour autant envie après Paris, Londres, Berlin... de m’abîmer dans des momies et sarcophages ? — est impressionnante, et je renonce à nouveau.

Je retourne à l’office du tourisme acheter un autre billet, cette fois, valable soixante-douze heures pour des transports en commun ad libitum et obtenir quelques informations supplémentaires sur des endroits qui m’intéressent.

Je me rends ensuite à la Pinacoteca Giovanni e Marella Agnelli installée dans les anciennes usines FIAT transformées — autres temps, autres mœurs... — en un vaste complexe commercial ouvert le dimanche qui résonne des criailleries de gens exubérants flanqués de leur progéniture, tandis que le lieu paraît improbable — il y a pourtant un fléchage — à trouver.

Je débusque enfin l’ascenseur qui y mène. Vingt œuvres tout au plus (un cinquième en est en voyage) sont exposées. Un très beau Canaletto déclenche le geste photographique,

 

Giovanni Antonio Canal detto il Canaletto, Il Canale Grande dalle prossimità del Ponte di Rialto verso nord
Giovanni Antonio Canal detto il Canaletto, Il Canale Grande dalle prossimità del Ponte di Rialto verso nord

Giovanni Antonio Canal detto il Canaletto, Il Canale Grande dalle prossimità del Ponte di Rialto verso nord

mais il est interdit de photographier la propriété de l’industriel collectionneur, me dit-on après que je n’y suis risqué. Le Modigliani est beau, le Manet, les Matisse, plaisants sans être extraordinaires, comme le sont les deux sculptures de Canova — et les deux toiles futuristes (du moins, je suppose) entachés de vitesse et de modernisme un peu trop caractéristiques de ce mouvement, assez en tout cas pour créer presque immédiatement des poncifs, ou se nourrir de slogans.

J’ai du temps encore. Le musée du cinéma — j’ai un bon souvenir de celui de Berlin — ferme à vingt heures. Las, je fais plus de trente minutes la queue avant d’y pénétrer — dans ce musée interactif qui me rappelle celui de la musique à Vienne, alors que je ne me sens pas assez enfant (les familles sont nombreuses d’ailleurs) pour actionner des boutons et des manettes en vue de quelque interactivité.

Je le constate donc en écourtant ma visite : mes déambulations ont été extrêmes, et mes prises, peu nombreuses. Et ce n’est pas la visite de la cathédrale, en tout début de matinée, ni son fameux saint suaire du XIIIe siècle, qui saurait me consoler de pas perdus durant cette journée ; et ce ne sont pas non plus d’ailleurs (et dans un tout autre genre) les “pornotteries” — ainsi que je les appelle — vues par hasard dans une vitrine sous des arcades, d'ailleurs un peu phallocentrées, voire qui transpiraient le fantasme hétérosexuel mâle la plupart du temps, mais que j’avais trouvées amusantes dans leur affichage en pleine rue, qui le feront...

 

 

863 - En lombardes (versales ou tourneures) (X)
863 - En lombardes (versales ou tourneures) (X)
863 - En lombardes (versales ou tourneures) (X)
863 - En lombardes (versales ou tourneures) (X)

 

 

 

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