909 - A l'anversoise (16)

Publié le par 1rΩm1

 

 

DANS ANVERS, DANSE ANVERSOISE

 

(AnverS, AverS et Endroits)

 

 [titre provisoire ?]

 

WORK in PROGRESS

 

Journal extime

 

(Bruxelles - Anvers - Gand - Bruges - Paris

 

13 août - 25 août 2018)

 

16

 

 

Samedi 25août

 

Après-midi

J’ai rendez-vous avec Judith et N. Parmi les propositions de Judith, j’ai choisi l’exposition consacrée à Zao Wou-Ki au Musée d’Art Moderne, artiste dont j’ignorais tout et dont je trouve l’œuvre plaisante.

Je suis en avance et préviens que l'entrée se fait non pas Avenue du Président Wilson, mais à l'autre bout du bâtiment, côté Seine.


N. parcourt les lieux à très grandes enjambées. Seul paraît le retenir le compagnonnage avec Varèse

 

Zao Wou-Ki, Hommage à Edgar Varèse - 25.10.64, 1964, huile sur toile, 255 x 345 cm, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne © Internet

Zao Wou-Ki, Hommage à Edgar Varèse - 25.10.64, 1964, huile sur toile, 255 x 345 cm, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne © Internet

— j’y adjoindrais, pour ma part, volontiers celui avec Henri Michaux.

 

Hommage à Henri Michaux, 18.01.63, 1963, huile sur toile, collection particulière © Internet

Hommage à Henri Michaux, 18.01.63, 1963, huile sur toile, collection particulière © Internet

909 - A l'anversoise (16)

(Précisément, je demande à Judith si elle a des nouvelles de A***, que nous avons connue à Reims, et qui doit désormais être installée dans la carrière universitaire.)

Plus lents dans nos dérives, nous devisons, Judith et moi, faisant quelque commentaires. La grandeur des formats des toiles amène peut-être chez elle l’emploi de « décoratif », qui me paraît minorer les belles impressions visuelles que procurent, précisément, ces très grands formats.

 

03.12.74 [?], 1974, huile sur toile

03.12.74 [?], 1974, huile sur toile

Mais peut-être le terme n’est-il pas péjoratif pour Judith puisque, comme moi, elle s’emploie à quelques clichés.

05.03.75-07.01.85 (1975-1985) [?], collection particulière

05.03.75-07.01.85 (1975-1985) [?], collection particulière

Hommage à Claude Monet février-juin 91 - Triptyque, 1991, huile sur toile, 194 x 483 cm, collection particulière
Hommage à Claude Monet février-juin 91 - Triptyque, 1991, huile sur toile, 194 x 483 cm, collection particulière

Hommage à Claude Monet février-juin 91 - Triptyque, 1991, huile sur toile, 194 x 483 cm, collection particulière

Décembre 89-Février 90, quadriptyque, 1989-1990, collection particulière

Décembre 89-Février 90, quadriptyque, 1989-1990, collection particulière

Les tableaux sont d’une abstraction beaucoup moins radicale que celle d’un Kupka, naturellement, et peuvent, de ce fait, paraître davantage plaisants. Outre quelques idéogrammes nécessairement cryptés pour le Barbare en Asie que je pourrais être, nous nous disons, en outre, que les formes ont presque toujours à quelque degré une allure figurative évoquant — à tort sans doute — qui un paysage, qui un courbe humaine, qui une espèce animale ou végétale. Mais là s’arrête notre cuistrerie : nous échangeons sur d’autres sujets, sans d’ailleurs faire dans les salles les mêmes trajets, rattrapant telle phrase ou telle pensée.

 

Après un passage (obligé) à la boutique du musée où j’achète une carte postale que je destine par avance au prochain anniversaire de Judith — je ne le lui dis naturellement pas —

909 - A l'anversoise (16)

nous prenons un verre sur la terrasse à l’extérieur installée entre les deux musées. J’enjoins N. de m’accompagner jusqu’à la buvette (je crois qu’il n’en aurait pas eu l’idée tout seul) afin de rapporter les boissons que nous avons choisies.

Il engage la conversation sur un sujet un peu convenu, tandis que nous patientons avant qu’on nous serve.

Judith, elle, une fois que nous sommes revenus, me demande des nouvelles de ma mère.

La terrasse est sonorisée, et la musique, un peu envahissante. C’est pourquoi nous ne nous attardons pas.

 

Nous marchons alors en direction du champ de Mars.

Judith et N. me désignent les coupoles dorées de la nouvelle église russe orthodoxe : l’on vend de plus en plus Paris à l’encan, tandis que les prix de l’immobilier flambent encore et toujours.

Je demande des nouvelles des enfants. Lucien bamboche. A l’heure où Judith partait, il n’était pas encore levé. Il paraît ne s’être guère démené pour trouver un job d’été, ses parents, ajoute Judith, lui semblant sans doute suffisamment argentés. Au moins a-t-il eu sans vraie difficulté sa première année de droit. Je songe à part moi que perdure quelque chose de balzacien chez les jeunes gens d’un siècle qui s’imagine sans doute radicalement autre. Laure, elle, entre en classe de terminale.

Tandis que nous déambulons, j’émets la proposition d’un second verre au soleil.

N. nous fausse brusquement compagnie. Judith n’a pas l’air surpris, cependant. Peut-être avaient-ils convenu ensemble auparavant qu’il ne s’attarderait pas, à l’instar de son pas rapide devant les toiles exposées au musée.

 

Nous nous installons à une terrasse ensoleillée, aux prix parisiens dans ce qu’ils ont de plus prohibitif.

Judith est toujours dans de mirifiques projets immobiliers. Elle m’expose assez longuement la prochaine opération qu’elle a en vue. Elle voudrait que j’investisse et insiste un peu : elle s’occuperait de l’intendance d’un projet plus ou mirifique, elle jouerait les chefs de travaux et se chargerait de me trouver des locataires. Je ne le lui dis pas, mais je craindrais alors qu’il y ait là bientôt quelque motif à fâcherie… Je lui tiens plutôt un discours pusillanime, dont je sens qu’il l’agace un peu, pour ne pas avoir l'air de mettre en doute la bonne foi de ses propositions.

La conversation roule heureusement ensuite sur d'autres sujets, notamment mon séjour récent en Belgique.

 

Soir

Aymeric m’avait envoyé un message le matin pour me remercier des moments passés ensemble la veille, en y joignant une photographie d’un tableau de Valentin de Bologne, peintre dont il m’avait parlé après que nous avions visité la maison de Gustave Moreau.

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Je lui avais répondu avant de rejoindre N. et Judith :

 

Bonjour Aymeric,

 

Merci pour ton SMS. Et merci pour la photo, qui me servira d’aide-mémoire une fois prochaine où j’irai au Louvre (j’ai réussi à la télécharger sur mon téléphone mobile) ! Peux-tu aussi à l’occasion me redonner les références du livre que tu lis en ce moment ? Peux-tu encore m’envoyer (en pièces attachées à un courriel) les clichés que tu as pris hier au musée Gustave Moreau ?

J’ai ménagé ma cheville ce matin : pas plus de 1500 pas avec l’espion numérique qui se mêle de et à ma si intéressante vie !

Et j’ai mis un peu d’ordre dans toutes ces photos prises durant le voyage en les référençant sur un petit carnet acheté à Bruges [je lui joins deux clichés pris la veille] […]. Bref, ce qui s’appelle ne pas faire grand-chose. Afin de profiter d’un certain sursis ^^ !

 

A bientôt.

Amicales pensées,

 

Romain

 

Or, Aymeric m’a à nouveau écrit, en m’adressant les photos demandées :

 

Voici mes ‘pauvres’ prises d’hier au musée. 

Quant au livre il s’agit de L’apprenti de Raymond Guérin. 

J’espère que Zao Wou-Ki t’a plu. 

Bonne fin de journée. 

 

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— et je m’emploie à lui répondre une nouvelle fois.

 

Bonsoir Aymeric,

 

Merci !

(Ce ne sont pas de “pauvres prises”, loin de là !)

Oui, j’ai trouvé l’exposition Zao Wou-Ki plutôt plaisante. Elle a complété notre plongée de l’avant-dernière fois dans l’abstraction de façon utile. Une toile m’a d’ailleurs fait penser à Kupka dans ses coloris et volumes, la ligne droite pleinement verticale en moins...

Zao Wou-Ki, Hommage à Matisse - 02.02.86, 1986, huile sur toile, 162 x 130 cm, collection particulière

Zao Wou-Ki, Hommage à Matisse - 02.02.86, 1986, huile sur toile, 162 x 130 cm, collection particulière


tandis que la dette à Monet est avouée ! [Je songeais alors, bien entendu, à l’exposition que nous avions vue au Musée de l’orangerie (Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet) la fois précédente.]

909 - A l'anversoise (16)

 

(En outre, la rencontre avec Michaux puis Varèse ont établi quelques passerelles dans mon esprit...)

Les retrouvailles avecJudith, enfin, étaient agréables.

 

Mes pas, qui plus est, ont su se limiter à 10848 unités (même si j’ai fait quelques pas de côté à l’insu du mouchard numérique !).

 

Amitiés,

 

Romain

 

Ces derniers échanges photographiques paraissent vouloir prolonger et les bons moments et les échanges avec les gens, mais donner aussi le relief d’un quatre mains à notre visite de la maison de Gustave Moreau (je n’avais pas pris les tableaux que je voyais Aymeric prendre, lui en laissant tout le soin), ce qui donne aussi à ces lignes leur point d’orgue — en attendant une prochaine échappée en automne… et qu'elles trouvent alors leur ligne de fuite !

 

(à suivre)

 

 

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