1064 - Carnets d'un confiné (7)

Publié le par 1rΩm1

 

 

CARNETS d’un CONFINÉ

 

 

7

 

[Journal pas toujours extime]

 

 

(14 mars, […] 1er MAI 2020 … …)

 

 

21 mars

 

Matin

 

Comme je m’adonne au ménage, je prends conscience de l’ingratitude de cette tâche dont je suis dorénavant déchargé. Mais naturellement la femme de ménage ne viendra pas lundi.

Ses bons et loyaux offices — quand même je préférais la précédente, que m’avait recommandée Frédérique, moins brusque dans ses faits et gestes et plus précautionneuse mais partie à la retraite depuis lors, elle pour laquelle j’étais demeuré son unique employeur après la mort de Frédérique tant et si bien qu’elle avait développé envers moi un attachement singulier, liés que nous étions par un souvenir commun — ainsi que mon temps partiel me procurent des loisirs bienvenus, me soulageant de l’ingratitude du ménage pour sa part, et, de l’autre, ramenant la cinquantaine de heures de travail hebdomadaire qui étaient mon lot auparavant à des journées qui n’excèdent que rarement six heures.

 

Lors de la lecture d’un article de Mediapart, j’apprends un nouveau mot « compliance » (un anglicisme, en vérité) — lequel confirme une intuition (plus qu’un raisonnement) que j’avais eue, celle de la nécessité de dépistages nombreux. J’avais demandé d’ailleurs à mon médecin s’il y avait une possibilité de se faire prescrire un test, ce qui n’est bien entendu pas le cas.

Dans cette approche critique de l’action du gouvernement, je trouve pertinente cette analyse : C’est évidemment plus facile de jouer sur les métaphores guerrières que de reconnaître notre tragique impréparation…

 

L’on reparle, dans cet article, du Professeur Raoult — en l’espèce assez bien décrit puisque j’ai la curiosité déjà de consulter une vidéo que m’avait signalée M.-C. :

 

Le premier expert mondial en matière de maladies transmissibles s’appelle Didier Raoult. Il est français, ressemble au choix à un Gaulois sorti d’Astérix ou un ZZ top qui aurait posé sa guitare au bord de la route et de la chloroquine – avec son dérivé galénique l’hydroxychloroquine – une molécule mise sur le marché en 1949, largement utilisée comme antipaludique.

 

1064 - Carnets d'un confiné (7)

Le druide en question pérore volontiers dans un argumentaire assez caricaturalement pro domo, qui vise à semer le trouble et le sème d’une autre façon tant sa faconde et son assurance peuvent paraître excessives :

 

« Donc tous les gens qui présentaient des signes cliniques qui pouvaient évoluer vers une complication bactérienne de pneumopathie, on leur a donné de l’Azithromycine. Il a été démontré que ça diminue les risques chez les gens qui ont des infections virales. L’autre raison, c’est que l’Azithromycine a montré en laboratoire qu’elle était efficace contre un grand nombre de virus, bien que ce soit un antibiotique. Donc quitte à choisir un antibiotique, on préférait prendre un antibiotique efficace contre les virus. Et quand on compare le pourcentage de positifs avec l’association hydroxychloroquine et Azithromycine, on a une diminution absolument spectaculaire du nombre de positifs»

« Se réfugier derrière un intégrisme procédural est éthiquement indéfendable dès lors qu’on parle d’un médicament qu’on connaît par cœur, qui a déjà démontré son efficacité sur d’autres coronavirus, confirmée sur celui-ci par deux essais cliniques, et alors que des vies sont en jeu jour après jour ! »

Raoult a relevé avec ironie qu’il n’était pas impossible que la découverte d’une nouvelle utilité thérapeutique pour un médicament tombé de longue date dans le domaine public soit décevant pour tous ceux qui espèrent un prix Nobel grâce à la découverte fracassante d’une nouvelle molécule ou d'un vaccin… sans oublier la perspective des dizaines de milliards de dollars de revenus à prendre, là où la chloroquine ne coûte littéralement rien.

 

Je songe souvent que Marthe, il y a deux ans, a dû être victime de ce qu’on nomme (je le découvre) une « pneumonie virale » — et me dis qu’elle devrait davantage se protéger.

 

 

Après-midi

 

Je m’enfonce dans une sieste plus d’une heure, d’où je ressors vaseux. Aucune envie de me lever ensuite. Ciel fuligineux, cafardeux au dehors. Je m’exhorte à me lever malgré tout.

 

 

Soir

 

Message de T. :

 

Pour répondre (de façon groupée) à la question de certains, je continue à aller un peu mieux chaque jour (fièvre et toux un peu en baisse) et à en baver encore pas mal à cause de l'accumulation. Après plus d'une semaine à ce rythme (et avec un traitement très approximatif qui fait que ça traîne encore), le corps a tellement morflé des quintes de toux que  que celles qui restent, même un peu plus rares, sont au moins aussi pénibles qu'avant.

J'opte donc depuis deux jours pour le sommeil quasi continu, seul moment où je peux rester quelques heures sans tousser, ce qui me donne ainsi un emploi du temps de chat. Encore que, comparé à moi et à certaines heures, je trouve mon propre chat particulièrement agité et bavard, comme un élève en attente de croquettes.

Patience à vous !

 

 

Nous avons un échange de courriels avec M.-C. à propos du même Raoult et de la même chloroquine. Difficile d’y voir tout à fait clair tant les uns et les autres paraissent multiplier des points de vues biaisés. (T., qui incline au scepticisme, a tout de même l’air de penser comme moi.)

 

 

 

 

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