Carnets d'un confiné (53)

Publié le par 1rΩm1

 

 

CARNETS d’un CONFINÉ

 

53

 

[Journal pas toujours extime]

 

(14 mars, […] 1er MAI 2020 … …)

 

5 mai

Matin

Je reçois un appel de Simone, qui compte reprendre les cours de gymnastique aussi tôt que possible. Il faudrait, selon elle, pour éviter toute contamination, que chacun se procure un tapis de yoga, des briques en mousse, des sangles… Je doute que les personnes consentent à tant d’achats et je propose donc le prêt de briques et sangles, tout en préconisant un usage individuel des unes et des autres…
Je lui demande de me faire signe quand elle ira dans sa salle pour qu’on puisse se voir enfin.

Les martinets sont revenus.


Après-midi

FG téléphone, qui veut prendre dans l'appartement des cotes plus précises.
Tandis qu’à distance je le regarde officier de dos, je trouve que son jean lui sied bien…

Je fais des courses à deux endroits.
Je ravitaille mon père (j’ai oublié une partie de sa commande et mal compris ce qu’il souhaitait).
Il me propose de choisir des guides de voyage — il ne voyagera plus, dit-il. Choix cornéliens.
L’achat immobilier qu’il envisage de faire serait destiné à ma sœur — a-t-il songé depuis vendredi. Je pourrais, pour ma part, hériter des bois de je ne sais quel grand cousin. Je dis que tout cela me vole un peu au-dessus, mais, après une intuition subite, ajoute que je préfèrerais les appartements de mon immeuble. Mon père s’amuse : les bois, se doutait-il, n’auraient pas mon agrément (je ne me voyais guère en effet en Clifford, non qu’en « homme des bois » dans l’une des versions du récit de D.-H. Lawrence…) ! (Je songe à part moi que mon père joue décidément pour la énième fois à la fable de “Le Laboureur et ses Enfants”, fable dont il cite d'ailleurs le titre souvent.)

Ma promenade, ensuite, me pousse jusqu’à la poste centrale (cela tombe bien, puisque j’arrange aujourd’hui mon billet sur Parme — et que j’avais visité la poste centrale de la ville avant qu’elle ne ferme, bien tardivement, à 19 heures…).


Soir

Ce soir, je regarde Un mauvais fils.

Carnets d'un confiné (53)

— Ce soir, comment dire ? ce confinement commence à me peser.

 

 

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