Journal (bref) d'un déconfinement

Publié le par 1rΩm1

 

 

 

 19 - 23 mai 2021

 

Journal (bref) d’un déconfinement

 

Work in progress

 

Mercredi 19

Je ne sors pas. Je n’obéis pas à l’injonction d’aller faire terrasse après plus de six mois et demie de continence bistrotière.

D’ailleurs, il ne fait pas du tout beau et je me sens d’humeur cafardeuse.


 

Jeudi 20

Après être allé voir ma mère dans l’institution où elle achève ses jours — elle a perdu six kilos depuis la dernière pesée, laquelle date d’un mois, les résidents étant pesés régulièrement chaque quatre semaines écoulées, perte qui, à mon sens, ne paraît pas excessive, mon père commentant lui-même en termes que j’ai oubliés son endurance et le fait que son organisme supporte le manque de nourriture ; en revanche, elle est peu présente, et ne semble me reconnaître qu’au moment où nous la quittons —, après cette visite toujours assez dérangeante, je retrouve T. et Paul, installés sur une terrasse de la Place ***. Marthe, chez la kinésithérapeute, nous rejoindra quelque trois quarts d’heure plus tard.

Nous sommes contents — évidemment — de retrouver l’apparence de vie sociale dont nous avons été si longtemps privés.

 

Vendredi 21

Aussi récidivons-nous le lendemain à l’initiative de T.

Cette fois, Paul s’est installé à la terrasse voisine — pour me faire plaisir, dit-il, puisque, de fait, je la préfère.

Car c’est Dimitri qui nous sert. Il a pris pas mal de poids durant le confinement.

 

Samedi 22

J’ai pris rendez-vous deux jours auparavant chez un médecin quelconque, disponible en début de matinée, mon médecin traitant étant en arrêt de travail, jusque, m’a-t-il précisé, jusqu’au 5 juillet au moins.

J’obtiens une prolongation de mon congé maladie (en attendant que soient officiels les six mois décidés par le médecin prescripteur plus de deux mois auparavant), me fais délivrer une nouvelle ordonnance et demande un test sérologique pour le coronavirus — avec l’espoir avoué auprès de mon interlocutrice que j’aie développé des anticorps au contact de la maladie, dans l’éventualité où je l’aurais contractée, ce qui, à mon grand dam, ne sera pas le cas…

J’ai proposé à M.-C. de passer chez moi afin, s’il faisait beau, de nous promener à l’air libre.

Nous avisons Paul et son chien, et nous installons à nouveau — c’est pour elle la première occasion pour M.-C., en revanche — en terrasse. (Marthe est au cinéma.)

Dimitri nous installe à l’abri du vent. J’avais oublié qu’il m’appelle par mon prénom, ce qui me fait toujours plaisir.

M.-C. hèle une connaissance, médecin du travail à la retraite, qui, toujours actif, se fait un devoir d'organiser des conférences et de diffuser des informations. M.-C. et lui tombent tombent souvent sur la situation sanitaire — et je note à part moi que M.-C. aplanit son propos (elle s’était montrée farouchement opposée auparavant à la vaccination, assimilant les vaccins à acides nucléides — dits “à ARN messager” — à des OGM, tout en précisant que nous ne saurions, à notre âge, transmettre à notre descendance quelque cadeau génétique empoisonné1) afin de ne pas amener de dissensions.

Peu importe, l’homme est intéressant à écouter. Et l'après-midi se poursuit agréablement.

 

Dimanche 23

Je n’étais pas allé au Luxembourg depuis l’hiver 2020. J’y effectuais pourtant des achats réguliers, notamment de DVD, moins chers qu’ils ne sont en France. Et il fallait que je roule 100 kilomètres au moins avec un additif au carburant pour nettoyer les injecteurs de la voiture en vue du contrôle technique tout proche.

Surtout, je compte sur une échappée belle dans un musée, au moins le musée d’art et d’histoire de Luxembourg — que j’ai visité suffisamment longtemps auparavant pour en avoir tout oublié.

Joseph Mallord William Turner (1775-1851), Vue de Luxembourg depuis Fetschenhof, vers 1839-1840, Aquarelle gouachée et encre brune sur papier bleu

Joseph Mallord William Turner (1775-1851), Vue de Luxembourg depuis Fetschenhof, vers 1839-1840, Aquarelle gouachée et encre brune sur papier bleu

Joseph Mallord William Turner, Vue de Luxembourg : la ville depuis la côte d'Eich, vers 1839-1840, Aquarelle sur papier

Joseph Mallord William Turner, Vue de Luxembourg : la ville depuis la côte d'Eich, vers 1839-1840, Aquarelle sur papier

Mosaïque romaine (Vichten)
Mosaïque romaine (Vichten)

Mosaïque romaine (Vichten)

Francesco Lupicini (1591-1656), Saint François d'Assise, Huile sur toile

Francesco Lupicini (1591-1656), Saint François d'Assise, Huile sur toile

Francisco de Zurbarán (1598-1664), le Martyre de saint Sébastien, vers 1650, Huile sur toile

Francisco de Zurbarán (1598-1664), le Martyre de saint Sébastien, vers 1650, Huile sur toile

J’y ai la bonne surprise de me trouver devant trois philosophes peints par Ribera.

José de Ribera (1591-1652), Thalès, Huile sur toile

José de Ribera (1591-1652), Thalès, Huile sur toile

José de Ribera, Archimède,  Huile sur toile
José de Ribera, Archimède,  Huile sur toile

José de Ribera, Archimède, Huile sur toile

José de Ribera, Héraclite,  Huile sur toile
José de Ribera, Héraclite,  Huile sur toile

José de Ribera, Héraclite, Huile sur toile

(Tant pis si les projecteurs qui éclairent les toiles en dénaturent par un trop de lumière les couleurs d’un angle à un autre…)

Theodoor van Loon (1581-1649), Pietà, vers 1622, Huile sur toile
Theodoor van Loon (1581-1649), Pietà, vers 1622, Huile sur toile

Theodoor van Loon (1581-1649), Pietà, vers 1622, Huile sur toile

Artemisia Gentileschi (1593-1654), Sainte Catherine d'Alexandrie, Huile sur toile
Artemisia Gentileschi (1593-1654), Sainte Catherine d'Alexandrie, Huile sur toile

Artemisia Gentileschi (1593-1654), Sainte Catherine d'Alexandrie, Huile sur toile

*  *  *

Au vu de la file d’attente, en revanche, je renonce au Centre Pompidou de Metz. Je retournerai bien là plus tard...

-=-=-=-=-=-

1Ainsi dira également Simone aujourd'hui [25 mai].

 

 

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