1208 - Si tant est que ce ne soit pas une maladie… (5)

Publié le par 1rΩm1

 

 

Si tant est que ce ne soit pas une maladie

Carnets d'un convalescent

(Journal (pas vraiment) extime (cette fois))

Work in progress

 

5

 

13 juin 2021

Matin

Je suis réveillé tôt et vais au laboratoire me faire donner des boîtes destinées au recueil de selles. La taille des boîtes me surprend par la petitesse : il va falloir se contenir et poursuivre la besogne dans la cuvette des WC… Je note le don d’une spatule permettant de lisser le précieux échantillon !

* * *

J’écris à B***, dont j’ai appris qu’il avait hérité de mes heures en classe préparatoire, tout en lui demandant de transmettre un message manuscrit aux collègues avec lesquels j’ai travaillé ces quelque quatorze années pour les plus anciens d’entre eux.

1208 - Si tant est que ce ne soit pas une maladie… (5)

J’ajoute un postscript :

PS - Sache que je suis très content que tu aies enfin un poste au lycée ! Je te remercie vivement, également, pour toutes nos années de collaboration, avec les [étudiants] et pour [la correction d’un concours — dont j’avais naguère en charge la coordination].

Si tu n’as pas trop peur du hachis de mots et de syllabes dont je suis affligé — au moins par moments ! —, tu peux me téléphoner.

(J’espère qu’il n’y a pas trop d’erreurs dans ce message, mais je ne crois pas :) )

Après ce double message qui a mobilisé toute mon énergie, je jette (enfin) deux lignes pour Aymeric — comme l’on jette des filets, avant une prise substantielle… (De fait, je compte bien lui écrire plus longtemps par la suite.)

 

Après-midi

Je suis interrompu dans ma sieste par un coup de sonnette intempestif. Je crois d’abord qu’il s’agit de mon père. En vérité, il est 13 heures 30, et c’était je ne sais quel importun.

En attendant, je classe des papiers.

*  *  *

Troisième visite à l’hôpital. Ma mère va mieux que l’avant-veille, mais, selon mon père, moins bien que quand il l’a vue la veille…

 

Soir

Je me prépare à dîner.

Je transcris ensuite mes notes du 29 mai et du lendemain. Installé à la table de la salle à manger, j’écris tout en écoutant Pelléas et Mélisande de Schoenberg.

Je me sens fatigué de la grosse demi-heure passée à rédiger ces lignes tout embryonnaires.

Je reçois un message d’A.

 

Dimanche 14 juin

Unique événement consigné ce jour-là : Je me branle pour la première fois depuis l’hôpital !

1208 - Si tant est que ce ne soit pas une maladie… (5)

 

Lundi 15

Je lisse (donc) avec la spatule ad hoc le petit pot d’excréments que je viens de recueillir — et me réjouis de n’avoir pas déféqué en excédent (!)

Je me rends au laboratoire et, dans la file d’attente, je lis un article rédigé par des collègues — et y repère des erreurs (ce qui contribue à me rassurer sur mon état) !

 

Me pesant, je constate — ce qui n’est pas pour me déplaire… — que j’ai perdu 4 kilos et demi.

 

Contrarié par un message de B. P., qui m’interroge sur ma demande antérieure de temps partiel. Je finis par répondre que, si temps partiel il y avait jusqu’alors, c’était en raison de la charge de travail qui pesait sur moi — et que, si je devais reprendre “dans le secondaire”, celle-ci serait naturellement moindre et que (à condition de pouvoir un jour reprendre ! — mais cela, je ne l’écris pas…) ce serait à plein temps que je vieillirais sur ce harnais…

Subséquemment, je passe un coup de téléphone à ma sœur : nous devrons revoir notre copie auprès du médecin, qui devra adresser un nouveau courrier.

 

Après-midi

L’orthophoniste est en retard. Pour faire montre de placements de lèvres et de langue, elle dégrafe de temps à autre le masque de l’une des oreilles.

Je ne suis plus si certain de faire rapidement des progrès…

Je lui laisse photocopie la lettre manuscrite que j’ai rédigée à Judith au titre d’un exemple de mes difficultés.

(En fin de journée, au téléphone avec M.-C., c’est plus que jamais que je butte avec les mots…)

*  *  *

Lors de notre visite à l’hôpital, ma mère répète inlassablement que mon père et moi devons nous en aller (« partez ! », « au revoir ! »), et, à d’autres moments, qu’elle veut mourir.

De plus en plus, l’odeur fade et écœurante de la merde envahit la chambre…

 

 

 

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