Quand vacillent les lucioles… (4)

Publié le par 1rΩm1

 

 

Quand vacillent les lucioles…

 

Juin à Paris

(Journal extime, 22-27 juin 2021)

4

 

24 juin [suite]

Résumé : Comme le restaurant du musée est fermé et que la carte de la cafétéria ne nous inspire guère, nous partons à l’aventure afin de trouver un endroit où déjeuner.

En chemin, nous devisons sur l’exposition que nous avons vue, qui a davantage contenté Judith que moi.

Judith vient de se faire administrer sa seconde dose de “vaccin”, et me demande ce qu’il est de mes propres vaccinations. Je lui dis mon attentisme.

Nous nous attablons dans un restaurant entre l’Ecole des Beaux-Arts et le Carrefour de l’Odéon, correct mais tout de même un peu cher.

Après qu’elle s’est enquise des nouvelles de ma santé, j’en demande des enfants et de N. (nous poursuivrons la conversation dans un café, au terme d’une promenade qui la rapprochera de chez elle).

Lucien va mieux. Il a renoué avec la jeune fille qui l’avait laissé choir dix-huit mois [?] auparavant. Il a passé [passe encore ?] des vacances en Grèce. Il apprend à conduire. Il s’est inscrit dans une école privée pour devenir ingénieur du son — une vocation contractée dès le collège, mais qu’avaient découragée des amis de Judith et N. Tout cela entraîne des frais importants (3500 euros pour l’école).

Laure, elle, a interrompu son année d’hypokhâgne et veut se lancer à la rentrée dans des études de psychologie. Comme je dis qu’elle aura pris auparavant des habitudes de travail précieuses pour aborder le cursus universitaire, Judith se montre dubitative : les confinements successifs auront eu raison de ses motivations à étudier, et, de fait, je me rappelle comment l’enseignement “en distanciel” avait battu en brèche ses ardeurs aux études

N., à ce sujet, se montre soucieux — sinon sourcilleux — quant à l’avenir de sa progéniture. Il est également lassé de son travail, des cours qu’il doit faire en visioconférence, des copies qu’il doit corriger. Aussi songe-t-il à prendre sa retraite. Celle-ci ne sera toutefois pas très conséquente, puisque de 2200 euros (comme la mienne, songé à part moi), rognant ainsi pour un tiers son revenu actuel.

Judith, elle, est accablée de soucis concernant ses appartements. Des souris ont envahi les cloisons d’un petit pavillon au Bourget (là où elle voulait que j’achète un appartement, proposition que j’avais refusée parce qu’elle aurait dû gérer seule des travaux à réaliser dans la copropriété, et que je n’aurais voulu par la suite encourir de reproches éventuels), des merles nichent dans un espace dédié à des volets roulants dans un autre logement (j’ai oublié où)…

Ces soucis matériels et pécuniaires font qu’elle et N. « sont dans le rouge dès le 5 du mois ». Elle me dit que N. et elle ont tout de même prévu trois semaines de vacances à Interlaken durant l’été.

Comme je compte aller à l’exposition Donatello au Louvre durant le week-end, je lui propose de m’accompagner : elle n’est pas encore certaine du moment où devrait intervenir un artisan susceptible de la libérer des souris.

Nous devons de toute façon nous voir le lendemain ; elle me dira alors ce qu’il en est, et nous nous quittons sur cette perspective agréable.

*  *  *

Quand, rentré dans l’appartement de F. et Pascal, j’entreprendrai de réserver, je m’apercevrai que l’exposition du Louvre s’est achevée deux jours auparavant.

Je passe presque une heure ensuite à prospecter pour d’autres endroits où aller. Je réserve finalement une entrée le lundi à 11 heures au Musée de l’Orangerie pour une confrontation des œuvres de Magritte et Renoir (ce genre de rétrospective en regard étant décidément à la mode), puisque celle-ci avait paru intéresser Judith. Je l’en informe aussitôt par mail au cas où elle pourrait m’y accompagner.

Avant ces recherches chronophages, mieux inspiré que la veille, et dans le sillage du journal de Jean-Luc Largarce, j’achète d’occasion le Mausolée des amants de Hervé Guibert (que je suis néanmoins à peu près certain d’avoir déjà lu),

Quand vacillent les lucioles… (4)

ainsi que Idiotie de Pierre Guyotat.

*  *  *

Je téléphone à mon père. Ma mère, me dit-il, était souriante la veille, endormie, aujourd’hui. Elle ne pèse plus que 56 kilos.

 

Soirée

B. arrive peu avant 21 heures. Elle sort de son cours de danse et est arrivée sans encombre (contrairement à la fois précédente) en suivant un plan. J’ai préparé à dîner et n’ai plus qu’à entamer la cuisson du plat principal ; elle, s’est chargée du dessert.

La conversation, pour une large première part, roule sur le coronavirus. Comme je retrouve l’argumentaire de M.-C. dans ses propos, je suis en territoire suffisamment connu pour lui donner la réplique, sans pour autant la suivre toujours tout à fait sur de mêmes brisées…

Un autre grand pan de ce dont nous parlons ensuite concerne ma mère, puis les séquelles de mon aphasie.

Elle me dit aussi que la maladie de parents plus ou moins éloignés du côté de sa famille biologique l’ont bien occupée ces trois dernières années, dévorant ses week-ends, autant que l’ont accaparée ses soucis à répétition concernant la copropriété

Elle partira rejoindre en Bretagne Simone et son mari le premier week-end de juillet — si toutefois la grève prévue à la SNCF ne l’en empêche pas.

*  *  *

Deux heures ont passé avant qu’elle ne prenne congé. Elle travaille le lendemain, s’excuse-t-elle.

Je la raccompagne jusqu’à la station de métro toute proche, qui la mènera jusque Place d’Italie, à Villejuif ensuite.

 

 

 

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