Si tant est que ce ne soit (toujours) pas une maladie… (4)

Publié le par 1rΩm1

 

 

Si tant est que ce ne soit (toujours) pas

une maladie

Carnets d'un rescapé

(Journal extime)

Work in progress

 

4

30 septembre

Matin

Je reçois un appel téléphonique de mon père. Ma mère a passé son scanner : rien n’est à signaler. En revanche, la phlébite prendra un certain temps pour être soignée, peut-être jusqu’à trois mois. Aucune explication n’a été apportée pour l’hémorragie qui s’était produite. Mon père redoute que ma mère ne devienne progressivement grabataire du fait de son immobilisation : elle a déjà un escarre au talon. Il dit prévoir un confinement pour décembre des retraités, ceux-ci étant par essence improductifs.

 

Après-midi

Compte rendu de la neurologue. Maladresse, involontaire, de la formulation, dont je m'amuse néanmoins. (Je n'ai pas retrouvé le courrier, depuis. Il était question, si je me le rappelle bien, de l'inutilité de poursuivre des investigations génétique étant donné que je n'avais ni n'aurais de progéniture…)

 

Soir

Le jeu de Meryl Streep dans Little Big Lies est impressionnant. Celui de Gaspard Ulliel dans Eva de Benoît Jacquot, en revanche, me paraît insipide. Parce qu’il n’est pas bien dirigé ?

 

1er octobre

Matin

Lors de la séance de Feldenkrais, je ne comprends pas du tout les dernières consignes. Mon désarroi s’augmente du fait que Simone le voit et veut y remédier. Je demeure paralysé tant par son regard par que ce qu’elle me dit.

Je réfléchis durant les exercices à la signification étymologique de « clavicule », sans parvenir à me représenter à quoi ce petit os ressemble — avant de le sentir jouer dans mon épaule gauche.

 

Après-midi

A l’issue d’un exercice de lecture auquel nous nous sommes déjà livrés, l’orthophoniste prétend que j’ai fait des progrès. Mon articulation me paraît plus nette, certes, mais tout aussi lente que naguère. Un exercice consiste à répéter à l’envers les syllabes de mots trisyllabiques.

J’amuse ensuite T. et Paul avec cet exercice.

Dimitri nous interroge sur un accord du participe passé.

 

Soir

Je regarde la seconde moitié de Eva. Le cinéma de Benoît Jacquot ne m’a jamais beaucoup convaincu. Le jeu grognon de Gaspard Ulliel fait regretter — ô combien — celui de Stanley Baker. N’est pas Joseph Losey qui veut.

Si tant est que ce ne soit (toujours) pas  une maladie… (4)
Si tant est que ce ne soit (toujours) pas  une maladie… (4)

 

2 octobre

Matin

J’écoute le Concerto en la mineur pour violon et orchestre de Benjamin Britten. Je me laisse emporter par les cadences entraînantes du premier mouvement.

Je m’enchante des cyclamens sauvages rapportés de Croatie [?] par ma mère, lesquels refleurissent chaque année sans pourtant que je leur consacre quelque soin. Il sont d’une taille bien moindre que les plantes cultivées en serre, qui ne vivent, elles, qu’à l’intérieur des appartements.

[photo : 23/09/2021]

[photo : 23/09/2021]

 

Après-midi

Il me semble gagner en sensibilité et doigté au piano. Comme mon père vient me chercher, je ne joue pas sous le casque. Peut-être est-ce d’écouter ainsi l’instrument qui en modifie la perception…

Moments de détente auprès de ma mère. Elle se plaint beaucoup, cependant. De quoi précisément ? on ne sait pas. Elle refuse de marcher — avec véhémence.

T. me fait plaisir quand il entreprend de me poser des « questions pointues » sur des points de grammaire. Il faudrait que je lui envoie des cours, comme il en a exprimé la demande. (Je suis d’autant plus flatté qu’il ait fait cette demande qu’il n’entre, précisément, aucune flatterie dans ses interrogations…)

Il me raccompagne une bonne moitié de chemin, ce qui est également bien agréable.

 

 

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