1391 - Si bien que… ? (24)

Publié le par 1rΩm1

 

 

Si bien que… ?

 

(Journal extime)

Work in progress

 

24

 

Nuit du 25 au 26 août 2021

Sommeil très perturbé.

J’achève le Paradis de Hervé Guibert.

Impressionné par ce récit, autofiction véritable, et non pas artefact autobiographique, comme il en est dorénavant tant !

Sont citées à la fin du roman quelques clés d’inspiration : Rimbaud, Roussel, pour le récit africain.

1391 - Si bien que… ? (24)

Impressionné par cette Afrique de tous les fantômes (l’Afrique fantasme, en quelque sorte, mais un fantasme rôti pour le pasticher un peu, vain pour tout dire, ce qui semble décidément la leçon de tous les récits des Occidentaux qui tentent d’étreindre ce continent) :

Rimb. ne m'a rien appris sur l'Afrique, sinon qu'on y va pour s'abîmer, pour se perdre, pour s'effacer de la carte, pour s'y griller, pour s'y ruiner, pour y être oublié, pour s'y ennuyer d'un ennui mortel. Je regarde des photographies de l'Afrique et je vois bien que l'Afrique n'existe pas.

Roussel ne m'a rien appris sur l'Afrique. Il n'y est même pas allé puisqu'elle n'existe pas. Il a fait demi tour. Après un long voyage en bateau, apercevant enfin ses côtes à la longue-vue, il aurait donné l'ordre aux mousses de rebrousser chemin. Il valait mieux rêver d'Afrique qu'y mettre les pieds.

L'Afrique ne coïncide pas avec la Martinique. Tout exotisme en Afrique est déjà calciné en lui-même. A mon retour du Mali, j'avais cru comprendre que exotisme en l'homme n'était rien ni personne. Et j'aurais pu aussi bien dire qu'il était tout.

    (Hervé Guibert, le Paradis, Editions Gallimard, “nrf”, 1992, pp. 140-141.)

(Je me demande si Guibert avait lu ou avait connaissance de l’Afrique fantôme et des travaux de Philippe Lejeune ? Ou s’il avait lu Au cœur des Ténèbres ?)

 

29 août 2021

Je transporte le bouddha — j’ai déjà raconté — de chez mon père à chez moi.

Le jeune Erwan est là, qui emménage un jour avant la date prévue, sa mère cède sa place en la quittant à ma voiture quand je me gare.

Il m’aide au transport de la statue en saisissant l’arrière du caddie.

Je lui cède bien volontiers en échange la clé de la cave que j’ai fait reproduire la veille à son intention afin qu’il puisse y mettre sa bicyclette.

Il bâchera l’engin et le laissera sur le jardin, me dit-il. J'ai noté avec amusement ses réflexes de jeune homme correct, qui s’est effacé sur le palier comme s’il ne voulait pas céder à l'indiscrétion d'un aperçu de la caverne d’Alibaba, de l’antre de l’ogre où je réside…

 

(Tristan, ai-je appris l’avant-veille, nous quitte pour poursuivre mes études à Paris. J’ai proposé le gîte s’il était besoin au téléphone quand je l’ai appelé hier, en m’amusant extrêmement de ma proposition, et tout en ajoutant que je regretterai sa présence dans l'immeuble ¡)

 

 

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