1847 - Tristan… Laurent, Sébastien… & alii (14)
Tristan… Laurent, Sébastien…
Guillaume, Lucas… & alii
(Journal [presque] extime)
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14
[Allison]
30 septembre 2025
[La veille, Guillaume s’était désinscrit du site.]
J’attraperai in extremis son prénom. Quelque chose qui sonne comme Allison. Sans pouvoir en garantir l’exactitude.
Quand il envoie sa photo, les traits sont à l’évidence asiatiques — plus que malais en tout état de cause, puisque j’apprendrai au cours de notre conversation qu’il est malaisien, venu à **** pour suivre les cours d’une école d’ingénieur.
Je vais le chercher en voiture à quelques kilomètres de mon domicile dans une commune de l’agglomération après avoir passé la soirée avec T.
Il est vêtu d’un pantalon de jogging gris clair et d’un blouson en tissu. Le visage est plus fin qu’il me l’était apparu sur sa photographie — photographie sur laquelle, en outre, il ne souriait pas. Le corps aussi est moins épais que craint : Allison me plaît assez.
Il me demande pourquoi j’ai refusé qu’il passe chez moi la nuit. J’explique que, sans connaître le partenaire, cela m’est difficilement possible — voire que j’aime guère dormir avec quelqu’un… Il paraît comprendre les raisons d’une telle réticence.
Chez moi, après qu’il s’est débarrassé de ses baskets, je l’invite à s’asseoir sur le canapé en L de la pièce qui sert à la fois de coin télé, bureau et chambre d’amis (dans laquelle néanmoins je dors quand, précisément, je reçois des amis). Il a noté que l’appartement comportait un autre étage. Mais je ne veux pas d’une récidive telle que celle avec Guillaume, ce serait trop cruel pour lui. (J’ai parfois de précieuses intuitions. Et le canapé du salon est désormais trop fragile pour pareils ébats.)
Il ôte son blouson. Il arbore un tee-shirt blanc.
Comme je me penche vers lui pour risquer un baiser colombin, il proteste que je ne dois pas tout de suite intervenir avec la langue (j’ai déjà pu me rendre compte qu’il parlait plutôt bien français, l’avais d’ailleurs à ce sujet complimenté ; or, la directive est sans équivoque, précise ; j’obtempère donc).
Nous nous caressons alors, frottons nos corps l’un à l’autre — le frottement d’Allison étant son principal modus operandi, ainsi que je l’apprendrai bientôt.
Il frotte (donc) mes seins à travers le tissu. Je lui rends la pareille.
[…] Sa bite est courte, le torse, glabre, les jambes néanmoins pourvues d’une pilosité drue. Les cuisses sont larges. Le corps s’avère en léger surpoids — au regard de ses vingt ans.
[…] Je jouis avant lui — qui, en vérité, ne jouira pas.
[…] Nous sommes allongés sur le lit et il continue de frotter son gland à l’entrée de mon cul. Je proteste (à mon tour) que j’avais expressément exclu la sodomie de nos rapports.
[…] Il m’oblige à une fellation, imprimant à ma tête un mouvement violent, jusqu’à ce que ma bouche et ma gorge s’étouffent de cette mécanique déplaisante. (Lui, ne m’aura jamais sucé au cours de la rencontre.)
[…] Nous parlons un peu. Il se montre assez agréable, malgré la frustration qui a pu être la sienne au cours de cette heure et demie (un peu plus ?) passée ensemble. Il me parle de la Gay Pride qu’il a faite à Berlin en compagnie d’amis lors d’un séjour dans la capitale allemande en juin dernier. Je me dis à part moi qu’il assume donc son homosexualité, en me demandant pourquoi réduire le champ des possibles, hormis les frottements des corps, aux seules pénétrations d’orifice, bouche ou anus, dans le rôle unique et convenu d’« actif ». Guillaume, songé-je encore, aurait été moins catégorique !
[…] Je le raccompagne. nous sommes moins diserts qu’à l’aller au retour.
Lors de notre conversation, Allison me dit que sa nuit sera courte, avant de devoir se lever le lendemain matin. Et, comme je l’interroge, il m’apprend son prénom.
Sur ce parking près du supermarché, il s’enfonce dans sa nuit sur quelque parole anodine.
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