1764 - Si bien que… ? (106)

Publié le par 1rΩm1

 

 

Si bien que… ?

 

(Journal extime)

Work in progress

 

106

 

1764 - Si bien que… ? (106)

 

Et puis. Je me mets à nouveau dans les rets d’une application de rencontres, après cinq années (et plus) de lassitudes accumulées, en ce 9 mars qui se donne de faux airs de printemps (alors que, aujourd’hui, jeudi 13, de larges flocons se jettent sur la terrasse et que les V-Lux se sont déjà tout couverts de neige).

Ce « site de rencontres » — je me dois de ne pas euphémiser le propos, quitte à quitter mon “extimité” — est avant tout dédié à des aventures sexuelles sans lendemain, proprement des « plans Q », comme le disent eux-mêmes ses usagers. Et ma libido fait des siennes, il faut dire aussi, tel un furet réapparaissant d’un terrier sombre, tout à fait réveillée après un hibernage trop longtemps prolongé ¡

Et voici que des heures se passent à converser avec des inconnus, que mon profil (mon âge) ne semble pas tous rebuter. Les visites, rares le matin (le moment où je suis le plus disponible), se multiplient dans l’après-midi, au point qu'il me faut bientôt devoir faire front à trois interlocuteurs — tout en tâchant de ne pas me perdre dans mes réponses.

L’un d’eux (il se nomme Thomas) tient la distance, ni désarçonné par ma franchise brutale parfois, ni tenu en lisière par un second degré qu’il paraît lui aussi maîtriser. A quoi bon ?, pourtant, me dis-je à part moi. « A quoi et pour quoi faire ? »

Pourtant, de fil en aiguille, un rendez-vous est pris (à confirmer toutefois), et la conversation s’échauffe, de sa part surtout, tandis que, à ce stade, je n’ai garde de décourager pareille ardeur. Pour maintenir la température — plutôt qu’un message mieux verbalisé — il m’adresse une photo de son sexe érigé. J'examine, au vrai, cette bite avec circonspection ; comme il ne réclame rien en retour et qu’il semble tout de même satisfait (!) de cet échange à sens unique (et nullement sollicité pour ce qui me concerne en tant que tel), j’aurais mauvaise grâce à bouder ce jeu de séduction relatif, quoique pas tout à fait anodin. Les questions techniques s’enchaînent, auxquelles je réponds avec aplomb, songeant que certaines devraient, à mon sens, le refroidir. (Ainsi de celle concernant l’endroit approprié par une décharge de foutre qui aurait ma (sa, devrais-je dire) convenance, je rétorque qu’il n’espère pas grand retour, que, l’âge avançant, la puissance de l’éjaculat demeure somme toute limitée, et que je préfèrerais qu'il épargne mon tapis…)

Précision : Thomas ne vit pas seul, puisque avec son fils, il est bisexuel et ne reçoit que, de temps à autre, son amie. Tout cela m’amuse au vrai — obéissant à des schèmes qui me sont dorénavant familiers, lesquels avaient, pour une large part, jadis occasionné les lassitudes accumulées dont je suis parti…

 

Nul “établissement”, en l’occurrence. Rien que des “Si bien que… ?”. Advienne qu’on saura attraper, en tâchant d’échapper malgré tout aux singeries, aux imbécillités — y compris au premier chef la sienne propre…

* * *

Un premier couperet tombe dans la soirée (concédons-le, approximativement vingt-quatre heures avant le moment du rendez-vous fixé) : « Bonsoir Romain... C'est mort pour demain... Mon client n'est pas assez malade pour annuler. On essaie de se voir lundi ? »

 

[ajout du 22 avril :] Faut-il dire que je ne verrai jamais cet autre « client » qui disait se nommer Thomas ?

 

 

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