Sur les routes de l'Italie du Nord (1)
Sur les routes d'Italie
sulle strade (gloriose) d'Italia
(Journal extime)
(2 - 16 octobre 2025)
I
2 octobre 2025
Voyage calamiteux vers Turin.
Le matin, après une de ces nuits courtes de jours de départ, je découvre un message tardif, d’un certain Massamba, puis un autre, d’une dénommée Nour.
Puisque j’ai déjà deux personnes à retrouver en chemin afin de les covoiturer, j’appelle ces deux derniers correspondants afin de les convaincre de partir un demi-heure plus tôt.
Devant chez lui, je dois appeler Massamba, puis patienter avant qu’il ne paraisse enfin cinq bonnes minutes plus tard.
Et, si nous sommes bientôt devant chez Nour, celle-ci, puisque j’étais en retard, ne nous attend pas sur place, tant et si bien que je suis obligé d’appeler à nouveau — et que nous sommes en route seulement à 9 heures, le crédit temps que j’avais cru gagner, déjà presque épuisé.
Je me laisse convaincre par Nour — qui ne parle pas très bien français — de l’amener jusqu’au col du Bonhomme au prétexte que cela ne ferait pas un gros détour.
Nous la laissons devant l’auberge-restaurant où elle travaille. Elle n’a pas les clés de l’endroit, doit attendre que son « patron » arrive de Colmar et nous ne pouvons donc aller aux toilettes.
J’ai à peine bu de la matinée, ce qui n’empêche pas l’envie de m’y rendre…
Massamba, repassé à l’avant, se montre un passager agréable. Sa conversation m’apprend que mon interlocuteur est aussi un bon vivant. Il est « allé en boîte » la veille et a choisi de ne pas dormir, une précédente fois l’ayant laissé sourd à la sonnerie du réveil. Sa conversation est toutefois intermittente, émaillée de coups de téléphone reçus ou passés dans une langue que je n'arrive pas à formellement identifier — maghrébine ou africaine (mâtinée d’expressions ou de mots français) —, mais qui n’est pas intrusive pour autant et a le mérite de me distraire de l’ennui de conduire.
Avant d’arriver à la frontière suisse — nous sommes alors sur une autoroute allemande —, j’achète la fameuse vignette suisse qui permet de circuler sur le réseau autoroutier helvétique. Lui, s’achète un sandwich. Nous déjeunons, lui du sien, moi d’un en-cas que je me suis confectionné le matin même. Je m’aperçois alors avoir oublié le plat préparé dont je comptais dîner à l’arrivée.
Nous passons — enfin — aux toilettes.
Comme Luca s’avère absent du lieu (étrangement en pleine campagne bernoise) où nous devrions avoir rendez-vous selon le site de covoiturage auquel nous avons eu recours, je lui téléphone. Il me donne un autre endroit où nous retrouver, distant en fait d’une quarantaine de minutes du village dans lequel nous nous trouvons [je comprendrai après coup qu’il a changé le rendez-vous initial et comptait que j’en aurais eu connaissance par la consultation de mon téléphone…].
Quand nous parvenons enfin à Bern dans l’avenue où il nous attend, nous dépassons l’adresse indiquée et nous retrouvons bientôt pris par des travaux qui obligent à une circulation alternée, tout en empêchant de faire demi-tour. C’est pourquoi, voulant prévenir de ce nouveau délai, je veux me garer sur le trottoir, dont, trop haut, la roue avant droite heurte l’arête durement. En démarrant, je constaterai presque aussitôt que le pneu a subi des dommages — et que nous roulons « à plat ».
Je me gare aussitôt que je le peux. Le constat est irréfragable : le pneu est entaillé. J’extrais la roue de secours, le cric et le gonfleur de l’habitacle où ils se trouvent logés dans le coffre de la voiture.
Puis je téléphone une seconde fois à Luca pour le prévenir et lui dire où nous sommes pour qu’il puisse nous rejoindre. Il survient bientôt, jeune Italien sympathique qui parle très bien français. D’emblée, Luca et Massamba, qui ont le même âge selon le site (vingt-huit ans), s’entendent afin de changer la roue pour la roue de secours, tandis que je téléphone à l’assureur pour savoir comment faire pour que nous soyons pris en charge et qu’on nous secoure. [J’apprendrai très vite ensuite à mon très grand dam que téléphoner de Suisse est ruineux, d’autant que l’on m’a fait attendre avant de me répondre. L’appel s’avèrera infructueux, en outre, l’assureur se disant inapte à me donner l’adresse d’un garage tout en précisant que je ne serai pris en charge qu’en faisant appel à un dépanneur. Or, mes deux passagers, très efficaces, sont en passe dans l’intervalle de terminer de gonfler à l’aide de l’allume-cigare la roue de secours. Et il n’est certainement pas question d’attendre que quelque dépanneuse nous tire d’affaire…]
(à suivre)
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