Sur les routes de l'Italie du Nord (2)
Sur les routes d'Italie
sulle strade (gloriose) d'Italia
(Journal extime)
(2 - 16 octobre 2025)
II
2 octobre 2025 [suite]
[Résumé : Voyage calamiteux vers Turin.]
Je rends compte auprès des deux garçons de la situation et Luca trouve bientôt sur Internet un garage où nous rendre.
Le trajet pour le rallier me paraît interminable, et je m’inquiète du bruit que la roue de secours occasionne dans les virages en brinquebalant dans le moyeu, les écrous en étant serrés d’une façon lâche (d’après les explications de Luca)…
Enfin, nous parvenons à un magasin essentiellement de pneus. L’ouvrier qui travaille dans l’atelier et comprend mon anglais de fortune peut nous prendre en charge immédiatement.
Après examen, le pneu s’avère bel et bien déchiré. Je devrai changer tout le train avant, et j’accepte pour deux cents euros, main d’œuvre comprise, le remplacement de pneus auquel il s’attelle bientôt : je n’avais guère le choix de toute façon, ayant en charge mes deux passagers mis en retard de mon propre fait…
L’occasion m’est donnée et d’aller aux toilettes et de boire enfin ; pendant le trajet depuis l’Allemagne, Massemba, lui, s’est enfilé deux grandes cannettes de bière, dont les carcasses ont d’abord empêché que le siège se relève quand Luca a voulu le manœuvrer pour prendre place à l’arrière…
Pendant ce temps, Luca prévient Sabrina que nous aurons deux heures de retard.
* * *
Nous repartons une heure après, Massamba à l’arrière, Luca à mes côtés.
A peine sommes-nous en route que Luca reçoit un appel. Il m’annonce alors que Sabrina s’est décommandée…
Nous déposons Massamba à la gare de Clarens — là même où je devais prendre Sabrina —, après l'avoir réveillé de son sommeil. Il est désormais presque 17 h 45.
La conversation avec Luca, qui parle parfaitement français, s’avère vraiment agréable et intéressante. Il a étudié le français à l’université d’Aoste, où il a entrepris des études de l’histoire de l’art. Son amie, également historienne de l’art, a travaillé au Centre Pompidou-Metz comme médiatrice, de sorte qu’il connaît la région du Grand-Est, ayant également visité Nancy.
Nous détaillons les villes où je dois me rendre durant mon prochain séjour italien. Il dit avoir découvert depuis peu l’Ombrie, et, comme j’évoque Léo Ferré à propos de la Toscane, où le compositeur a terminé ses jours, Luca explique qu’il le connaît du fait de ses adaptations poétiques de poètes français, que lui avait fait découvrir un enseignant de français à l’université. Je lui parle des deux poèmes de Cesare Pavese mis en musique par Ferré.
Comme les communications Internet sont rompues (du fait d’une sursaturation que j’ignore encore), c’est Luca qui me guide en m’indiquant le trajet à partir de son propre téléphone.
Il nous emmène ainsi sur le tunnel du Grand Saint-Bernard, selon un itinéraire ne correspondant pas vraiment à celui que j’aurais emprunté, d’autant que le péage en est particulièrement onéreux, puisque de 31 francs suisses.
Ayant ainsi franchi le sommet des Alpes et nous trouvant en Italie, je lui demande de téléphoner à mon hôtesse de Turin afin de la prévenir que je ne pourrais être à bon port pour 19 heures. Après deux tentatives infructueuses, il parvient à la joindre. S’ensuit un long échange en italien. Si j’arrive après 21 heures, je devrai m’acquitter de 15 €, de 22, après 22 heures. Et je devrai prévenir, ajoute-t-elle encore, une demi-heure de mon arrivée pour qu'elle soit sur place et m’accueillir.
J’apprends ensuite que le trajet le plus court du point où nous sommes prend un peu plus d’une heure et de demie, à condition toutefois de s’en remettre à une autoroute payante ; comme je ne me vois pas conduire une heure de plus même pour éviter cette nouvelle dépense (17 €), j’opte incontinent pour ce trajet qui me mènera au plus tôt jusque Turin…
Je prends donc cette autoroute après Aoste, une fois déposé Luca à une station service où sa mère viendra le cueillir ensuite, tout en le remerciant chaleureusement d’avoir joué ainsi mon coéquipier depuis Clarens.
Désormais, la liaison avec Internet et, plus encore, avec le GPS est rétablie ; cependant, je le constate, en s’offrant gentiment de rentrer l’adresse turinoise à laquelle je me rends, Luca a déréglé le son puisque je n’entends pas les annonces que devrait claironner “David” tout au long de mon parcours…
Il est un peu plus de vingt heures quand un parking s’offre opportunément afin que je puisse téléphoner à Monica, mon hôtesse, laquelle me répond en français ; je l’avertis alors que j’arriverai, je l’espère, à bon port une quarantaine de minutes plus tard…
De fait, j’arrive peu avant 21 heures, même si je dépasse de quelques immeubles l’adresse indiquée avant de pouvoir me garer.
Monica est bientôt là, qui monte dans ma voiture et me guide pour faire le tour du pâté de maisons, pendant que son mari libère pour moi la place où il s’est garé.
Sur place, elle me fournit toutes sortes d’instructions compliquées (qui s’avèreront bientôt inutiles) concernant les clés et l’appartement, que j’écoute à peine, tant je meurs de faim — autant que de soif…
Rendu à moi-même enfin, je m'empresse d'improviser un repas sommaire.
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