1880 - Sur les routes de l'Italie du Nord (28)
Sur les routes d'Italie
sulle strade (gloriose) d'Italia
(Journal extime)
(2 - 19 octobre 2025)
XXVIII
Dimanche 19 octobre 2025
Je passerai dix heures trente interminables au volant de la voiture… Il m’aura fallu franchir deux cols pour rentrer : celui du Gothard, d’abord, en Italie ; celui, d’autre part, de Bussang dans les Vosges — occasion de penser à M. — Et fallu, afin d’éviter les péages, emprunter de petites routes italiennes, la voiture secouée par d’innombrables nids de poule…
Matin
J’ai cherché le magasin pour fournitures automobiles repéré sur la toile la veille. Je suis parti d’abord sur une adresse partiellement homonyme de sorte que j’ai perdu une première demi-heure. J’avais préparé un texte en italien précisant ma recherche et indiquant que je ne parlais pas italien : Mi scusi, non parlo italiano. Sto cercando un tappo del serbatoio — en spécifiant le modèle de ma voiture. Est-ce parce que j’étais étranger que je suis tombé sur des vendeurs peu amènes ? Je l’ai en tout cas fortement soupçonné au vu du peu d’empressement à répondre à ma recherche. On m’a en tout cas répliqué assez abruptement qu’on ne possédait aucunement l’objet désiré…
Après-midi
Je fais une halte dans un supermarché de Côme où j’achète une part de pizza encore tiède, plutôt bonne.
Echaudé pour le moins par la facture de téléphone for salée que m’avait valu à l’aller mes appels téléphoniques en Suisse, je coupe le téléphone durant ma traversée du pays. Ne bénéficiant plus de ce fait de guidage électronique, je demanderai donc en chemin en anglais sur une aire d’autoroute à un Suisse allemand autrement plus aimable que mes interlocuteurs de la matinée la direction de Lucerne et Bâle. Ses indications précieuses me serviront tout au long de ma percée des Alpes helvètes jusqu’aux Vosges, l’indication E35 me fournissant continûment sésame et boussole durant ledit trajet.
Je subis deux ralentissements, d’abord à l’entrée du tunnel du Gothard (mais j’emprunte la route du col), puis à Bâle, alors que l’on s’apprête à passer les frontières française et allemande.
A Mulhouse, pressé d’aller aux toilettes — j’ai sciemment tâché de boire le moins possible depuis la fin de la matinée —, je m’aventure non sans difficultés jusqu’au centre ville. Encore est-on dimanche. Je trouve enfin un endroit pour me garer. Je vais donc boire une bière dans un pub que j’avais auparavant avisé tout en tournant en rond à la périphérie de l’hyper-centre.
Une trentaine de kilomètres avant de parvenir à ****, je vois s’allumer le signal jaune prévenant de l’insuffisance de carburant, qui gagne en éclat à mesure. Par précaution, quelque douze kilomètres tout au plus avant me regagner mes pénates, tout en tournant — à nouveau ! — de-ci de-là dans une cité-dortoir assoupie, je parviens à prendre du gazole. Un agrégat de suie s’est déposé sur l’adhésif dont j’ai pourvu mon bouchon de réservoir. Je me rassure pourtant : le clapet étanche que le pistolet que j’introduis pour recompléter le carburant a dû faire son office et protéger de toute saleté le circuit jusqu’au moteur…
Il est près de 21 heures lorsque je décharge mes bagages chez moi. Il ne fait pas trop froid si j'en crois le thermostat (16°). Je mets en service la chaudière.
Une odeur — de celles qu’on ne perçoit d’ordinaire plus, par simple accoutumance — flotte dans l’appartement, dont je ne pourrais dire l’origine…
Le récépissé de l’envoi recommandé (celui provenant selon toute vraisemblance d’Angelo) déposé par ma sœur m’attend sur la table de la salle à manger.
Je savoure une seconde bière — que je prolongerai d’un trait de whisky — en attendant que se réchauffe le plat préparé, celui que j’avais oublié d’emporter à l’aller, signant par là (au moins autant que l'image inversée dont j'ai illustrée ce billet-ci et quoi que j’en aie) mon retour…
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