Lettre à J.-M. et Pascal (octobre 1988), 5

Publié le par 1rΩm1

 

in  memoriam  J.-M.

 

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Reims, le 19 octobre 1988
Je suis donc demeuré là. Une mauvaise nouvelle m’y a contraint. L’inspecteur détesté revient vendredi, et les copies n’ont pas, par ailleurs, vraiment diminué de volume. Mais ce n’est que l’affaire d’une petite semaine, rien qu’une petite semaine à attendre…
Avec la grève, c’est donc un “week-middle” long, plus long que mes week-ends ordinaires. Une vraie vacance, un vrai bonheur. J’ai vécu au ralenti ces huit dernières heures (il est dix-huit heures)…

Le 22 octobre 1988
La raison de l’interruption des lignes qui précèdent m’échappe tout à fait, à présent… Je crois que j’en avais assez de ce lieu — « Le Palais »  — et que j’ai dû fuir, ma bière achevée.
Les vacances approchent ! elles viennent à grands pas !… elles sont là !
L’inspecteur détesté est revenu. Beaucoup plus courtois, beaucoup moins désagréable qu’il y a deux ans. Mais toujours borné, traditionaliste, de mauvaise foi. “Mes” 4
ème ont été nuls, ternes, ennuyeux à l’envi, et l’explication du texte s’est perdue dans mon découragement. Je n’avais pas envie de tricher, ni sur l’approche (lors de la préparation), ni sur mon état d’âme (lors de la prestation). Le plus fort, c’est que l’inspecteur, très mal à l’aise comme à son ordinaire, très préoccupé de ses pieds et de la couleur de ses chaussettes, n’est s’est aperçu de rien de cela…
Bref, ce n’est pas encore cette fois que j’aurai la note qui me propulsera d’échelon en échelon… Je m’en fiche, bien sûr, mais cela n’est pas fait, au fond, tout de même, pour me persuader de mes talents de « pédagogue » ! Je n’ai ni la patience, ni la foi qu’il y faudrait… Et dire que cet imbécile, lui, me reprochait des contenus, trop peu traditionnels à son goût ! Passons…
Le temps passant, les élèves, cependant, commencent à prendre en compte mes exigences. Peut-être même certains les transfèreront-ils aux leurs propres ?… Je m’exhorte à plus de patience, plus de calme intérieur (¡), ayant bien considéré que “leur hurler dans les oreilles” rendait l’atmosphère pesante et n’avançait à rien (voir le début de cette lettre). Peut-être finiront-ils, eux aussi, par prendre en compte mes agacements et y remédieront-ils…

Qu’ai-je fait en dehors de l’école ? C’est à se le demander, parfois ! Il y a eu lundi une soirée en compagnie de W., jeudi en compagnie de Christophe, hier en compagnie de Judith, Nathalie, Patrick… Et, mardi, j’ai vu Roger Rabbit. Mais ce n’étaient, sans doute, que des “haltes”, dont les effets bienfaisants n’ont guère été que momentanés. Il faut dire que deux réunions parents/ profs m’ont tenu deux soirs au collège… Voilà, voilà. Le tout s’est ponctué de vaisselles, de lessives et de copies.

Bon. Toutes ces lignes font-elles une lettre ? Ou n’est-ce qu’une charade plaisante sans résolution des devinettes posées en chemin ? Gageons que, pour m’en sortir, je pourrais tirer un lapin d’un chapeau !
Chapeau-claque !
Chapeau bas !
   —  Je vous quitte, vous salue. Courbette après un petit saut à pieds joints. Bonjour, bonsoir, je ne fais là que passer ! A bientôt d’être plus long ?¡ Et que vos mirages lointains soient chair et os !
Je vous embrasse,

Romain

 

 

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