1837 - Tristan, Laurent, Lucas… & alii (11)

Publié le par 1rΩm1

 


Tristan… Laurent, Sébastien… 

Matthieu, Lucas… & alii 

 

(Journal [presque] extime) 

-=-=-=- 

11

[Guillaume (1)]

 

9 août 2025

Guillaume. Depuis combien de temps avais-je pris autant de plaisir avec un lover ? Le nom de Julien court aussitôt presque aux lèvres — et, de toute façon, à l’esprit. Encore était-ce dans la multiplicité, les jouissances de Julien étant courtes à venir — sans qu’en souffrît bien entendu pour autant la qualité des échanges —, mais aussi dans la durée d’une attente de longs mois, tant et si bien que l’intensité de nos échanges s’était fortifiée d’avoir été retardés.

Guillaume, lui, avait ouvert mon profil le matin même, « intrigué » dira-t-il ensuite, sans pourtant adresser de message. J’apprendrai par la suite qu’il s’était réinscrit sur un coup de tête sur ce site, réinscrit puisque lassé des relations sans consistance ni lendemain connues auparavant, et ce, au point d’avoir cessé tout rapport sexuel avec quiconque depuis cinq ans.

Car Guillaume, trente-quatre ans, est, c’est indéniable, un être singulier. Je lui confierai avoir moi aussi déserté les réseaux sociaux durant une période de même ampleur, mais son âge n’a rien de comparable au mien, de moindre testostérone assurément…

Si j’ai initié Julien à l’amour entre hommes, c’est en remettant en selle — si j’ose dire — Guillaume qu’a dû se nourrir aussi le plaisir inouï goûté en sa compagnie…

 

La conversation qui s’engage de mon fait a d’emblée des accents de sincérité qui portent. Je suis bientôt séduit. Je diffère d’ailleurs le moment de déjeuner. Entre autres salves envoyées, je m’arrête à ceci — notamment :

 

niveau sexuel je suis plus dans la sensualité on va dire plutôt que d’y aller direct en bourrin comme un porno hard, je ne sais pas si c'est très clair ce que j'essaye de dire, je suis fatigué je n'arrive pas à trouver les bon mots. Et intellectuel on va dire qui est ouvert d'esprit et tolérant qui ne juge pas les gens

 

Il transparaît dans la conversation que lui se trouve malingre (je songe à Mickaël, cet autre contact du moment dont les échanges ont été prometteurs, pour d’autres raisons, plus intellectuelles, à vrai dire), qu’il aimerait avoir un torse plus velu.

Il est plus de 13 heures 30 quand, de mon fait, nous interrompons nos échanges — sur la promesse de poursuivre vers 15 heures 30.

1837 - Tristan, Laurent, Lucas… & alii (11)

* * *

Quand je me reconnecte à l’heure dite, Guillaume n’y est plus. Je crois d’abord à quelque désertion, mais un signal vert indique sa présence après une quinzaine de minutes : il expliquera s’être assoupi en raison d’un reste de fatigue, due à sa participation à une fête trop arrosée de la veille.

Ainsi que je lui avais suggéré de le faire plus tôt dans la matinée, il m’envoie une photo, où il apparaît avec une barbe naissante casquette vissée sur la tête. Les sourcils et le front sont froncés, les lèvres, serrées, afin de signer la contrainte de se faire tirer ainsi le portrait. Le visage est oblong. L’oreille gauche, seule entièrement visible, est percée de part en part d’un clou à deux têtes et le lobe, évidé, d’un de ces anneaux dont j’ignore le nom. Comme le trahit son profil (1 m 74 pour 59 kg), il est maigre plutôt que « mince », porte un tee-shirt blanc sans manches échancré, qui laisse nus des bras blancs, et visibles, quelques poils sur le buste et dans le creux de l’aisselle droite. Je m’amuse de ce que, la veille, j’ai pris moi-même un cliché de mon visage, casquette sur le sommet du crâne, lunettes de soleil sur les yeux, risquant un semblant de sourire. La contre-plongée de la prise, la tête près de l’objectif, a pour effet de me faire un corps fluet — ce qu’il n’est pas — et d’épater l’appendice nasal qui lui est tout proche. Je le lui dis. Et, comme je commente la casquette qu’il arbore, il répond qu’elle est destinée, comme pour Sébastien, à masquer une calvitie importune. Il me dira ensuite avoir pris cette photographie sur son balcon dans la perspective de me l’envoyer.

Je l’encourage à venir chez moi. Il se laisse un moment encore désirer, puis cède à mes injonctions : il va prendre une douche avant de se mettre en chemin.

(à suivre)

 

 

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