Etablissement [?] (16)
3 mars 2026
Angelo s’acharne… Dieu, que ces affrontements avec lui sont pénibles ! Je reçois de pures bouffées de haine de sa part. T. a raison, à ce propos : il y met un ressentiment qui participe d’une inversion maligne de l’amour à la haine. Et sa mauvaise foi est patente. (Il m’a demandé tous les justificatifs de charges. Je ne lui avais adressé qu’un simple calcul, croyant naïvement que le solde en sa faveur et son règlement subséquent suffiraient à lui faire lâcher prise.)
Etrangement, j’ai moins réagi à son dernier message — où il me menace de toutes les façons — qu’au précédent. Voire qu’à ses SMS du 30 janvier où, averti par ma montre d’une fréquence cardiaque anormalement élevée, j’avais été amené à mesurer ma tension, laquelle avait grimpé tout aussi anormalement au-delà de 16 ¡
Il n’empêche que décidément le jeune homme m’empoisonne l’existence depuis plus de deux mois…
Depuis plus de deux mois d’ailleurs, j’écris moins — pris, d’une part, par l’aménagement de l’appartement qu’il vient de quitter en meublé, d’autre part, par les travaux qu’a projetés mon père. Les billets que je publie se raréfient et la relation de mon voyage en Italie s’escargolente (selon un mot-valise que j’ai jadis forgé pour je ne sais plus quelle occasion…). Bien davantage que dans le passé, la distance entre le moment d’une rédaction liminaire et celui des “événements” vécus se creuse en une ravine infertile…
Par ailleurs, la dernière expérience malencontreuse avec le lover d’infortune du 15 janvier me laisse un souvenir tel qu’aucune envie ne s’invite dans la saison. Pourtant les premières belles journées font leur apparition avec une quinzaine de jours d’avance. Le numérologue crétin (¡) se souvient : le 9 mars dernier je remettais Eros en selle — et, il y a quinze ans, le 9 mars je rencontrais Duncan…
Ajoutons à cela que je dois voir Enzo, que j’ai quelque peu préalablement travaillé au corps, demain (mercredi) à 14 heures, du fait d’un dégât des eaux provenant selon toute apparence de ma salle de bains. Comme il tardait à répondre à mes demandes afin de déterminer l’origine de la fuite et en se dérobant au prétexte qu’il travaillait, j’ai dû téléphoner pour lui arracher un rendez-vous…
4 mars
A l’heure dite, personne ne m’a ouvert. Je reçois néanmoins un message à peine poli puisque exempt d’excuses : Bonjour, pourriez-vous venir à 15h précise si cela vous convient-il ? [sic]
Et de penser à part moi que décidément, outre leur orthographe et leur syntaxe défaillantes, ces jeunes gens sûrs de leur fait et pleins de morgue sont bien enquiquinants ¡
6 mars
Prétextant qu’il travaille tôt le matin (après dix heures !) et plutôt que de tout bonnement me fournir une clé afin de recevoir la visite d’experts dépêchés par l’assurance, Enzo me fait valoir qu’il serait « plutôt disponible le week end [et que] si il travaille le samedi ce serait parfait ! » — façon de rêver le monde à sa façon !
La réponse d’Angelo, elle, toujours aussi fielleuse, n’a pas tardé !
12 mars
Double signature chez Maître T., d’une part, d’un avenant au mandat de protection futur concernant mon père, d’autre part, de l’usufruit à mon bénéfice de l’appartement du rez-de-chaussée de mon immeuble. [J’ignore encore bien sûr la somme de désagréments que cela me vaudra !]
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