Par Paris parallèle (journal croisé), 1
Journal extime
(Paris parallèle : 1er avril 2026 - 7 avril 2026 ;
2 juin 2026 - 8 juin 2026)
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Avril in Paris (again), 1
En amont, 26 mars 2026
Bonjour Aymeric,
J’ai joint hier Pascal en plein safari en Afrique (si si !) pour demander si la carte duo de F. était toujours valable, auquel cas nous pourrions aller au Grand Palais. « Regarde la date » m’a-t-il répondu de façon un peu sibylline — ce que je [ne] pourrai faire de toute façon qu’une fois installé à Paris ! La carte toutefois joue les coupe-file. Aussi pourrions-nous visiter l’expo consacrée à Matisse le lendemain (je t’en tiendrai informé aussitôt que dans les lieux), ou l’installation de la photographe Nan Goldin. Je te joins à ce propos l’article (enthousiaste) de Télérama paru cette semaine. L’inconvénient est la durée qu’il faudrait y consacrer, les huit diaporamas durant de 14 à 41 minutes. Peut-être, au cas où la date de la carte aurait expiré, faudrait-il prévoir un plan B : m’intéresserait l’autre installation de N. Goldin à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (en espérant que nous nous n’y évanouissions pas !) ; l’installation est censément gratuite, mais je n’ai pas compris sur le site dans quelles conditions, tandis que l’accès au lieu est nécessairement limité… Au cas où l'accès ne pourrait se faire, nous nous pourrions nous rabattre sur l’exposition consacrée à Barbara à la BN (15 mn à pied entre les deux endroits, je viens de vérifier, puis 20 mn en métro pour la Butte-aux-Cailles)…
Ce ne sont naturellement que des suggestions, et, le cas échéant, je te laisse trancher à leur propos (Matisse, Nan Goldin ou Barbara), — sachant que j’ai déjà réservé des billets le samedi 6 pour Jacquemart-André (exposition consacrée à la peinture baroque, que je n’avais [pas] repérée mais que m’a signalée Judith) et le mardi 7 pour le Musée de la vie romantique (Judith m’incitant à réserver en raison de l’affluence due à la réouverture de la maison d’Ary Scheffer…). (Parmi les propositions du catalogue que je n’avais pas mentionnées, Renoir et l’amour ne m’inspire absolument pas, l’expo vue consacrée à l'Auguste il y aura bientôt trois ans [?] à Budapest m’ayant définitivement lassé des demoiselles un peu grasses du peintre — un seul nu masculin (encore était-ce celui d’un corps encore enfant !) y étant accroché. Et je ne trouve pas l’artiste formidable, comparé à quelques autres de ses contemporains… Quant au Douanier Rousseau, j’avoue rester tiède face à ses œuvres…)
A suivre donc et à bientôt de te lire ! Reçois mes amitiés,
Romain
Aymeric me répond dans la foulée :
Bonjour Romain,
Attendons donc mercredi pour la carte. S’il s’agit du pass Beaubourg j’ai cru comprendre (bien ou mal ?) qu’il ne valait que pour Matisse et pas Goldin. Si tu préfères voir Goldin, on peut réserver (Je ne connais pas le travail de Goldin. À découvrir pour moi.) Goldin à la Salpé (en cas d’évanouissement les urgences sont tout près) et/ou Barbara, ça fonctionne également.
Bonne fin de semaine. À mercredi. Amitiés.
Et moi, presque tout aussi vite :
Bonsoir Aymeric,
Faisons ainsi :
Plan A : Matisse (car ce que tu as compris paraît assez logique en termes muséaux*!), à confirmer dès mercredi ;
Plan B : Goldin à la Salpêtrière et/ ou Barbara (en espérant que la météo sera de notre côté : hier, à Pascal, j’ai indiqué qu’en ce moment il pleut des grêlons sur nos girafes !)
Bonne fin de semaine à toi aussi. Amitiés,
Romain
*Le correcteur orthographique avait rectifié en « museaux » ! (Question en passant : les girafes ont-elles des museaux ? [si, quoique végétariennes apparemment, elles ont des gueules, assurément !])
1er avril 2026
Quand j’arrive en milieu d’après-midi à Paris Gare de l’Est, le même scénario que lors de ma précédente arrivée pour recharger le “pass Navigo” se reproduit ; je décide de passer outre l’obstacle en poussant ma valise jusqu’à la station Jacques Bonsergent, où j’embarque facilement.
Arrivé dans l’appartement de Paris et F., je constate que le Pass duo pour entrer au Centre Pompidou-Beaubourg n’est plus valable. Avant de téléphoner à Judith, j’appelle Aymeric pour déterminer ce que nous ferons le lendemain et pouvoir le proposer à Judith ensuite.
Judith s’avère très dépressive. Elle parle, non sans humour, de l’influence de la “lune rose” sévissant dans la période. Elle décline nos propositions. Elle dit se réfugier dès qu’elle le peut dans le pavillon qu’elle rénove à J****, seule chose utile qu’elle peut faire selon elle, et s’apprête à s’y rendre le surlendemain jusqu’après le week-end pascal. Lucien ne l’a pas ménagée : il serait un fils de riche, mal préparé à l’avenir, et déjà lassé de son passé, n’aimant pas Paris ni d’ailleurs l’ailleurs (Anywhere [but] out the World, aurait dit Baudelaire) — entre autres doléances. En tout état de cause, la vie réelle, elle, lui a fait rater le stage pour lequel il avait été pourtant recommandé par l’entremise de William, tant et si bien que la validation de son année d’étude s’en trouve ajournée… Je raccroche avec le regret de ne pas voir Judith durant mon séjour — alors même que nous aurions pu trouver un moment…
Je bois une pinte de bière dans un bar où je commence à prendre mes habitudes, avant d’effectuer un ravitaillement sommaire. Je sens une fatigue accumulée gagner et le cœur et la tête et les reins.
Nuit du 1er au 2
Je suis intempestivement tiré de mon sommeil, qui pourtant paraissait profond.
Trois gaillards, dont les voix se réverbèrent entre les hauts immeubles de cette rue plutôt étroite, rient et s’égosillent, n'ayant cure (aucune) de l’heure tardive ¡
De la fenêtre de la cuisine, je les vois bientôt rentrer à l’intérieur du loft loué par Airbnb, ce qui est source d’ailleurs de bon nombre d’agacements, m’ont dit F. et Pascal, de la part des riverains…
L’épisode a peut-être pris fin. Mais je préfère me prémunir d’une récidive et m’enfonce donc dans les oreilles les bouchons qui me permettront de me rendormir.
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