En attendant Vendémiaire (8)

Publié le par 1rΩm1

 

 

EN  ATTENDANT  VENDÉMIAIRE

 

JOURNAL EXTIME

 

(17-22 septembre 2020)

 

8

 

22 septembre

Matin

Judith me parle — enfin — de ses difficultés familiales. Lucien, qui a raté pour la deuxième fois sa première année de droit, a postulé pour être admis en musicologie, ou, sinon, entreprendrait des études pour être ingénieur du son. Pour l’heure, me dit Judith, quand elle a quitté la maison, il n’était toujours pas levé. Les relations entre le père et le fils sont orageuses.

J’essaie de dédramatiser la situation, arguant notamment que Lucien a droit à un trajet en zigzag , et, puisqu’il est à l’évidence dépressif — il a déjà consulté trois psychologues différents, sans de vrais résultats —, il me semble que N. pourrait faire preuve de davantage de mansuétude. Judith n’en disconvient pas, non sans confesser qu’elle ne savait pas N. « si raide ». Je m’en étonne moins qu’elle, mais ne voudrais surenchérir à ce propos. Elle est suffisamment malheureuse, et je songe qu’accabler, ne serait-ce partiellement, N., qui, dit-elle, est dans l’incompréhension totale vis-à-vis de ses enfants — lui, fils de réfugiés espagnols ayant fui le franquisme et travaillé à la chaîne à leurs débuts en France, eux, ayant été élevés dans un milieu protégé, bourgeois et confortable — ne ferait qu’ajouter à la détresse de Judith.

Tout en devisant ainsi, nous nous dirigeons vers l’espace Giacometti.

Nous sommes bientôt devant un joli pavillon art déco. La maison en elle-même est déjà une bonne surprise

En attendant Vendémiaire (8)
En attendant Vendémiaire (8)
En attendant Vendémiaire (8)
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— tant à l'extérieur qu'à l'intérieur (je prends des photos des toilettes à l'intention de Paul, qui complétera notre déclinaison humoristique de toilettes remarquables…).

En attendant Vendémiaire (8)
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En attendant Vendémiaire (8)
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Les lieux ne sont pas bien grands, mais l’exposition (autour de l'Homme qui marche) est intéressante.

Alberto Giacometti dans son atelier avec La Nuit (première version), c. 1946. Photo : Emile Savitry, Archives de la Fondation Giacometti, Paris.

Alberto Giacometti dans son atelier avec La Nuit (première version), c. 1946. Photo : Emile Savitry, Archives de la Fondation Giacometti, Paris.

En attendant Vendémiaire (8)

C’est la quatrième ou cinquième d’une série commencée depuis leur ouverture en 2018.

Je prends bon nombre de clichés.

En attendant Vendémiaire (8)
En attendant Vendémiaire (8)
Alberto Giacometti, Figurine dans une cage, 1950, Plâtre peint, Collection Fondation Giacometti, Paris
Alberto Giacometti, Figurine dans une cage, 1950, Plâtre peint, Collection Fondation Giacometti, Paris

Alberto Giacometti, Figurine dans une cage, 1950, Plâtre peint, Collection Fondation Giacometti, Paris

Trois hommes qui marchent, 1948, Bronze, Fondation Giacometti, Paris
Trois hommes qui marchent, 1948, Bronze, Fondation Giacometti, Paris

Trois hommes qui marchent, 1948, Bronze, Fondation Giacometti, Paris

Homme traversant une place, 1949, Bronze, Alberto Giacometti-Stiftung, Zurich
Homme traversant une place, 1949, Bronze, Alberto Giacometti-Stiftung, Zurich

Homme traversant une place, 1949, Bronze, Alberto Giacometti-Stiftung, Zurich

En attendant Vendémiaire (8)
En attendant Vendémiaire (8)
En attendant Vendémiaire (8)
En attendant Vendémiaire (8)
La Place II, 1948, Bronze, Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie, Museum Berggruen

La Place II, 1948, Bronze, Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie, Museum Berggruen

En attendant Vendémiaire (8)

Puis nous nous rendons en bus jusqu’au restaurant réservé la veille. Je photographie, au passage, la façade de quelques immeubles intéressants, dont celui-ci en face ou presque de l'arrêt de bus.

En attendant Vendémiaire (8)
En attendant Vendémiaire (8)

*  *  *

Attablés au restaurant, nous poursuivons notre conversation, mais dérivons sur de prochaines vacances, que j’aimerais passer, pour ma part, en Italie du Nord. La gérante des lieux, d’ailleurs, est lombarde, et nous avons plaisir à discuter avec elle. Nos clients ne sont pas nombreux, la reprise est difficile, commente-t-elle.

Notre repas est, cependant, très correct.

*  *  *

Nous allons ensuite dans un parc — celui-là, me dit Judith, où je lui avais annoncé en 2008 ma rupture, survenue quelques mois plus tôt, avec R.

Je n’avais pas le moindre souvenir de ce moment… Et ma surprise n’est pas moindre que Judith en ait conservé une mémoire suffisamment précise qu’elle en retrace que j’avais pu lui dire. Une bribe de mémoire me revient : nous étions à l'autre bout du jardin, en contre-haut (et, de fait, les perspectives — toutes ! — ont changé…).

*  *  *

Je reprends mes bagages laissés chez elle, pour me rendre à la Gare de l’Est et rentrer « à grande vitesse » — accompagnant mon départ d'autant de regrets d’être rendu si vite à son existence ordinaire, puisque je soupçonne déjà que je serai abandonné à ce sort pendant de longs mois…

 

[10 juin 2021

L'idée de revenir m'obsède depuis quelques temps...

J'ai écrit à Pascal pour lui demander si je pourrais séjourner dans l'appartement de la rue P*** d'ici une dizaine  de jours.

Ceux-ci restent suspendus à sa réponse.]

 

 

 

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