1312 - Journal de la mort de Marthe (3)

Publié le par 1rΩm1

 

 

 

Journal de la mort de Marthe

(Journal extime)

Work in progress

 

3

 

19 février

Tel Fabrice à Waterloo (¡) et sa compréhension différée, je saisis tout à coup après une courte sieste que les boulets tirés dans la confusion de la veille n’étaient que des mottes de terre agitées à la surface d’un champ de bataille sans objet : les chiffres oscillant entre 92 (lors d’une nouvelle mesure) et 98 étaient ceux des pulsations et non pas celles de l’oxygénation de mon sang.

 

Nuit [nui, avais-je d’abord écrit] du 19 au 20 février

Lapsus lectionis : je lis scrotum en place d’un organe proprement féminin (lequel m’échappe aujourd’hui ¡ ; en outre, je n’ai pas du tout retrouvé le passage, assez drôle en contexte, attestant mon erreur…).

En tout cas, la lecture de Prosper à l’œuvre d’Eric Chevillard me divertit fort. Le rire irrépressible est le bienvenu.

 

Nous riions souvent et beaucoup lorsque nous étions tous les quatre, Marthe, Paul, T. et moi.

 

Je m’en veux d’avoir dit à Paul qu’apporter des roses était une mauvaise idée puisque ce n’est pas la saison et qu’elles doivent être importées de très loin (j’avais entendu un reportage à la radio auprès de fleuristes le jour de la Saint-Valentin).

M.-C., elle, veut laisser un bouquet près du cercueil.

 

Je me demande à nouveau comment Paul avec son bras unique s’en sort avec les trois chattes de Marthe.

 

T. a envoyé un message pour informer tous les personnels de son établissement du décès de Marthe.

 

J’ai l’esprit vide — ou plutôt tout empli de la mort de Marthe. Marthe morte. Ce prénom que j’avais choisi pour parler d’elle prend des accents inouïment sinistres aujourd’hui.

1312 - Journal de la mort de Marthe (3)

J’ai hâte de voir Paul (embarqué avec toute sa famille) pour savoir si je peux lui être utile en quelque façon.

 

[Débord :] 20 février 2022

Malgré tous mes efforts, je n’arrive décidément pas à perdre du poids. Ce corps déformé me fait littéralement horreur : je me détourne de mon image quand il arrive que je la saisisse dans le miroir. Ne pourrais-je pas ne pas m’en préoccuper ?

 

C’est l’anniversaire de Pascal. Je lui adresse un message. Il me remercie et s’excuse dans sa réponse de ne pas connaître « comme beaucoup d’autres amis » la date du mien.

 

J’organise avec Claude la journée et demie qu’il passera à Paris : Carnavalet 15 heures 15 le jeudi, Orsay le vendredi matin dès 9 heures 30, Louis Vuitton à 14 heures 30.

 

 

 

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